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Normalisation des emballages

par Annick GALPIN


Ingénieur en Normalisation
Responsable du Domaine Emballage à AFNOR

1. Les enjeux, l’Europe et la nouvelle approche .................................. AG 6 050 – 2


2. Emballage et activités logistiques ...................................................... — 2
2.1 Rappel des activités logistiques lors de la conception du produit .......... — 2
2.2 Conception de l’emballage ......................................................................... — 3
2.2.1 Évaluation du produit à emballer...................................................... — 3
2.2.2 Caractéristiques du circuit logistique................................................ — 4
3. Contenu de la normalisation ................................................................ — 4
3.1 Normalisation applicable à l’ensemble des emballages.......................... — 4
3.1.1 Terminologie ....................................................................................... — 4
3.1.2 Marquage ............................................................................................ — 4
3.1.3 Coordination dimensionnelle ............................................................ — 5
3.1.4 Méthode d’essai et programmes d’essais........................................ — 5
3.2 Normalisation des différents types d’emballages .................................... — 5
3.2.1 Catégories de normes ........................................................................ — 5
3.2.2 Types d’emballages............................................................................ — 6
3.3 Normalisation dans le domaine des matériaux d’emballage .................. — 7
3.4 Thèmes particuliers ..................................................................................... — 7
3.4.1 Emballage de matières dangereuses................................................ — 7
3.4.2 Emballage et environnement ............................................................ — 8
Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. AG 6 050

U n travail important de normalisation a été accompli depuis une dizaine


d’années dans le domaine de l’emballage. Ce travail se poursuit, tout en
prenant une autre dimension, avec la mise en place du grand marché européen.
Cette activité se situe tant au niveau national à AFNOR (Association Française de
Normalisation), qu’au niveau international à l’ISO (International Standards Orga-
nization). Elle trouve son plein essor au niveau européen au CEN (Comité Euro-
péen de Normalisation).
Bien que l’Europe occupe une place importante, il ne faut toutefois pas oublier
l’approche internationale avec les travaux ISO. Des accords ont été pris entre les
organismes CEN et ISO en vue de faciliter les échanges et la coopération et sur-
tout éviter toute duplication des travaux normatifs.
Les différents partenaires ont maintenant à leur disposition un ensemble de
normes qui leur permet de concevoir et fabriquer des emballages adaptés aux
besoins de la distribution et des utilisateurs. Cette collection est diversifiée puis-
que l’on peut trouver toutes les normes traitant de l’emballage, mais également
des matériaux, des procédures générales d’essais.
Ceux-ci peuvent aller encore plus loin dans leurs démarches normatives en
mettant en place ou en utilisant les services de la Marque NF. Cette marque
nationale atteste qu’un produit est conforme aux normes françaises et euro-
péennes qui le concernent.

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De par la prise en compte des contraintes liées à l’environnement, de nou-


veaux labels sont apparus [1] :
— Écolabel Européen sur les emballages (étude du couple emballage/pro-
duit) ;
— Marque NF Environnement sur les produits (exemple : sacs pour la collecte
des déchets).
Tous les partenaires, qu’il s’agisse de fabricants, d’utilisateurs, de condition-
neurs, de laboratoires, de consommateurs, de représentants des pouvoirs
publics peuvent jouer un rôle dans l’élaboration des normes.
La prise en compte des impératifs des uns et des autres ne peut aller que vers
une meilleure qualité des documents élaborés. La norme sera perçue non pas
comme une contrainte, mais comme un outil au service de la stratégie de l’entre-
prise.
Quant à la collection des normes françaises, celle-ci est actualisée en perma-
nence pour incorporer notamment les normes et rapports adoptés au plan euro-
péen. Cette collection s’est enrichie d’une nouvelle série de normes dans le
domaine de l’environnement et plus particulièrement dans le cadre de l’appli-
cation de la directive 94/62/CE sur les emballages et déchets d’emballage.

1. Les enjeux, l’Europe Encadré 1 – Étapes d’élaboration d’une norme


et la nouvelle approche dans le cadre d’un nouveau sujet

1. Réalisation d’une étude de faisabilité par l’organisme de


normalisation.
& Validation par la Commission générale de AFNOR.
2. Élaboration de la norme par une commission de normalisa-
L’achèvement du marché unique européen suppose que les tion ou un groupe d’experts en prenant en compte les projets
produits circulent librement sans que se reconstituent, de manière existants et en respectant le cahier des charges défini par la
déguisée, des entraves aux échanges (traité de Rome 1957). Pour Commission générale.
atteindre cet objectif, le Conseil des ministres des Communautés & Approbation du projet de norme par la Commission de
adopta une résolution le 7 mai 1985, définissant une nouvelle normalisation et soumission à Enquête probatoire pour toute
approche en matière d’harmonisation qui doit permettre d’achever norme homologuée. Examen des commentaires et approbation
le marché intérieur dans les délais fixés (fin 1992) en poursuivant finale de la norme.
trois objectifs : & Édition par AFNOR.
3. Vie de la norme
— simplifier et accélérer le processus législatif communautaire ;
Promotion - Révision.
— éviter de rendre obligatoires de nombreuses règles de détails
pour, entre autres, faciliter l’innovation ;
— faire un plus grand usage des procédures nationales de nor-
malisation et de certification.
2. Emballage et activités
Les principes de cette nouvelle approche sont définis ci-après :
— les directives se limitent à l’harmonisation des exigences logistiques
essentielles, touchant à la sécurité, à la santé, à l’environnement,
auxquelles doivent satisfaire les produits pouvant être mis sur le
marché européen ; 2.1 Rappel des activités logistiques lors
— les spécifications techniques, pour la concrétisation et le res- de la conception du produit
pect des exigences essentielles, seront élaborées dans le cadre de la
normalisation ; La logistique connaît un essor dans les entreprises depuis une
— les normes ainsi élaborées et adoptées (encadré 1) conservent quinzaine d’années. Elle se développe davantage depuis l’avène-
un statut volontaire mais leur respect apporte une présomption de ment du grand marché européen et l’européanisation des entre-
conformité aux exigences essentielles de la directive. prises elles-mêmes, celles-ci n’hésitant pas à mettre en place des
Par ce nouveau rôle donné à la normalisation, les normes fonctions logistiques avec, à leur tête, un logisticien.
deviennent un instrument essentiel de régulation tant sur le plan Selon la norme X 50-600 : Logistique-Terminologie, « la logistique
des conditions de mise sur le marché que sur celui des conditions est une fonction dont la finalité est la satisfaction des besoins
de concurrence. Dans le secteur de l’emballage, la directive exprimés ou latents aux meilleures conditions économiques pour
94/62/CE « Emballage et déchets d’emballage » du 31 décembre l’entreprise et pour un niveau de service déterminé » et « la satisfac-
1994 est une directive dite « nouvelle approche ». Les exigences tion du besoin est définie comme la mise à disposition du produit et
essentielles de cette directive concernent la prévention de déchets le maintien dans le temps de la disponibilité de ses fonctions ». Lors
d’emballage, la réutilisation des emballages et leur valorisation en de la conception d’un produit, le logisticien intervient pour faire
fin de vie. prendre en compte une partie ou la totalité des activités logistiques.

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Pour un cycle de vie de produit simple et pour lequel on rencontre


Évolution de la normalisation les phases d’identification, de conception, développement, produc-
tion, vente et soutien après la vente, le logisticien intervient entre
L’activité de la normalisation en France existe officiellement autres sur les activités suivantes :
depuis 1926, date de création de AFNOR. Elle trouve en fait ses — identifier les besoins du marché ;
origines dans la révolution industrielle, avec l’apparition des — répertorier les caractéristiques et recenser les contraintes ;
productions en série. C’est à partir de cette date que sont appa- — optimiser le couple caractéristiques/contraintes ;
rues les premières normes dans le domaine de l’emballage, les — choisir les lieux de fabrication et de stockage, les moyens de
industriels s’intéressant déjà aux dimensions des boîtes apper- distribution ;
tisées métalliques. Au cours de ces 60 années d’activités, les — approvisionner en matière première ;
normes ont, bien sûr, évolué en intégrant les nouvelles habitu- — emballer et conditionner le produit, manutentionner, stocker,
des techniques et scientifiques et en tenant compte des nou- transporter ;
veaux enjeux économiques et politiques à tous les niveaux : — mettre à disposition ;
national, européen et international. — mettre en service et assurer le retour des produits ;
La mission de l’AFNOR dans le domaine de l’emballage est — assurer le service après-vente, approvisionner et livrer les piè-
passé par plusieurs phases. ces détachées.
Comme tout ce qui est produit est emballé et distribué, il est
■ Phase 1 : jusqu’en 1976
logique de penser que l’impact de l’emballage sur les différentes
Cette phase correspond à une normalisation répondant à des activités logistiques sera loin d’être mineur.
besoins spécifiques liés à un secteur industriel. Elle se situe
surtout aux niveaux national et international. Les normes sont
très liées au produit lui-même et se limitent essentiellement à la
détermination des dimensions, par exemple : boîtes appertisées 2.2 Conception de l’emballage
ou bouteilles en verre.

■ Phase 2 : de 1976 à 1989 Un bon emballage n’existe pas en soi, il s’agit de concevoir un
emballage adéquat (son rôle ne doit pas être surestimé ni sous-
Cette phase correspond à la mise en place d’un système estimé). Cette adéquation tiendra compte des contraintes du produit
normatif dont l’objectif était de promouvoir une utilisation plus contenu et des contraintes liées à la fabrication, la distribution et
rationnelle des matériaux et des produits ainsi que l’améliora- l’utilisation du produit emballé.
tion de leur usage. Elle faisait suite aux deux chocs pétroliers du
début des années 1970, qui ont amené l’industrie de l’emballage Beaucoup d’éléments peuvent être à l’origine d’une mauvaise
à envisager la normalisation sous un angle plus global, en conception d’un emballage. On peut citer entre autres :
étudiant les emballages indépendamment de leurs éléments — une vision purement comptable qui en masque tous les
constitutifs, de leur contenu, de leurs circuits de distribution et aspects techniques. C’est le dernier maillon sur lequel on espère
en évaluant leurs performances. Elle a surtout permis de mettre réduire le coût du produit emballé ;
en évidence son importance dans la distribution physique des — une approche marketing qui domine l’approche protection et
marchandises (en liaison avec la science toute nouvelle de la acheminement du produit ;
logistique globale). — une méconnaissance de la réglementation en vigueur ;
— un emballage conçu sans connaissance des circuits de distri-
■ Phase 3 : depuis 1989 bution et des contraintes qu’ils entraînent ;
— des contraintes nouvelles, sous couvert de respecter l’environ-
Les enjeux politiques ont été modifiés au niveau européen. La
nement, qui peuvent engendrer des diminutions d’épaisseur des
perspective de l’ouverture du Marché européen au 1er janvier
emballages et aller à l’encontre de la sécurité.
1993 et le nouveau rôle confié à la normalisation pour participer
à la création de ce marché ont, d’une part, réorienté les travaux La recherche d’un emballage adéquat passe par le recensement
de normalisation dans le secteur de l’emballage et ont, d’autre de deux types d’informations :
part, été un élément mobilisateur pour tout un secteur profes- — évaluation du produit à emballer ;
sionnel (fabricant, utilisateur, pouvoirs publics). Les efforts ont — caractéristiques du circuit logistique.
été concentrés au niveau européen, au CEN (Comité Européen
de Normalisation).
2.2.1 Évaluation du produit à emballer
Parallèlement à cette progression, les activités de normalisa-
tion ont accompagné l’évolution du rôle de l’emballage. Après
Avant de choisir un emballage, il est primordial de connaître le
l’emballage destiné à contenir et protéger le produit, est apparu
produit devant être emballé. Il en va ainsi pour tous les types de
un autre type d’emballage capable de contenir des produits de
produits, des secteurs alimentaire et pharmaceutique aux biens
plus en plus diversifiés et d’avoir des qualités fonctionnelles et
d’équipement.
de présentation de plus en plus complexes. Les fonctions essen-
tielles auxquelles doit répondre un emballage sont données ci- Les informations suivantes doivent être mises à la disposition du
après : concepteur d’emballage :
— protections mécaniques, barrières et bactériologiques ; — identification du produit (les références) ;
— aptitude à la distribution, c’est-à-dire palettisation, manu- — présentation du produit (solide, liquide, à nu, préemballé, etc) ;
tention et mise en rayon ; — protections complémentaires apportées au matériel dans le
— aptitude au conditionnement, très liée à l’automatisation ; cas de biens d’équipement telles que la protection anticorrosion, la
présence de pièces mobiles ;
— aptitude à l’usage, c’est-à-dire préhension, rangement, — caractéristiques du produit (produits devant satisfaire à des
facilité d’ouverture, fermeture et inviolabilité ; exigences réglementaires : agroalimentaire, marchandises dange-
— aptitude à préserver l’environnement ; reuses, santé, sécurité, etc.) ;
— aptitude à satisfaire les paramètres d’esthétique, de visua- — produits à durée de vie limitée ;
lisation, d’image et de présentation (la qualité de l’extérieur — dimensions et masses ;
induit celle de l’intérieur). — environnement créé par le produit (dégagement nocif, incom-
patibilité avec d’autres produits) ;

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— sensibilité du produit à l’environnement climatique (tempéra-


ture, humidité, vent, atmosphère saline, etc.), à l’environnement 3. Contenu
mécanique (vibrations, chocs, accélération, variations de pression)
à l’environnement physique (champs magnétiques, rayonnements
de la normalisation
ionisants, etc.), à l’environnement physico-chimique (corrosion,
contacts entre métaux différents, etc.), sans oublier des sensibilités
Les travaux de normalisation dans le domaine de l’emballage
particulières telles que les sensibilités aux champignons, aux pro-
sont liés à la diversité de ce type de produit :
duits de décontamination, aux insectes, aux odeurs, etc.
— diversité par les matériaux qui le constituent, tels que le verre,
le papier, le carton, les plastiques, les métaux, le bois, les comple-
xes, etc. ;
2.2.2 Caractéristiques du circuit logistique — diversité par les types d’emballages qui sont fabriqués, tels
que les emballages primaires (boîtes, bouteilles, sachets), les
En fonction des possibles lieux d’utilisation des produits, il est emballages de distribution et de transport (caisses, bacs, grands
conseillé d’établir un inventaire de chaque étape du circuit logis- récipients vracs), les accessoires (feuillards, calages, etc.) ;
tique donnant les principales phases de manutention, stockage et — diversité par les produits contenus ; tous les secteurs sont
transport. Cet inventaire sera réalisé avec plus ou moins de détails concernés : l’agroalimentaire, les produits manufacturés, la chimie,
selon la nature du produit. la pharmacie, la cosmétologie.
Cette normalisation intervient depuis la conception des embal-
■ Manutention et conditions d’exécution associées : partout
lages primaires jusqu’à la réalisation des charges unitaires et quels
présente, la manutention ajoute des risques d’avaries qui provien-
que soient les circuits de distribution choisis. Le contenu de ce
nent souvent :
chapitre tient compte des normes en développement au plan euro-
— d’une inadaptation des moyens aux besoins, par une mau- péen. Celles-ci, lorsqu’elles seront adoptées, seront systématique-
vaise connaissance des moyens nécessaires ; ment reprises dans la collection nationale.
— d’un manque de formation de la main-d’œuvre ;
— de la diversité des types de matériels (encadré 2).
3.1 Normalisation applicable à l’ensemble
Encadré 2 – Diversité des types de matériels des emballages
Moyens de manutention — manutention manuelle
— transpalette Les normes élaborées sous cette rubrique sont générales et appli-
— diable cables à l’ensemble des emballages quels que soient la forme, le
— bande transporteuse matériau constitutif, l’usage que l’on veut en faire.
— hayon élévateur
— grue et pont roulant 3.1.1 Terminologie
— chariot élévateur
Les travaux sur la terminologie sont indispensables et préalables à
Interfaces associées — fourches tout nouveau sujet de normalisation. Une norme nationale H 00-014
— pinces à plat existe déjà depuis de nombreuses années et couvre tous les types
— feuille intercalaire d’emballage. Des travaux nouveaux sont en cours au plan européen
— élingage et devraient permettre d’actualiser cette norme générale.
— crochet De nombreuses normes liées aux types d’emballages intègrent
— filet un chapitre terminologie.
Les terminologies figurant dans les diverses réglementations
Lieux de manutention — abri fermé
doivent être systématiquement appliquées.
— abri sous auvent
— extérieur
3.1.2 Marquage
■ Stockage : savoir si l’emballage doit être conçu de telle sorte Le marquage des emballages est essentiel pour transposer une
que, résistant au gerbage, il puisse se passer d’infrastructure de information écrite en un langage codé reconnu par tous les utilisa-
stockage est une question à poser. Tout repose sur la notion de teurs, quels que soient leur niveau culturel et la langue utilisée.
durée et de conditions de stockage. Ainsi les paramètres suivants
devront être pris en compte : Plusieurs types de marquages existent :
— hauteur totale de gerbage ; — marquage liés aux emballages d’expédition complets et
— durée de stockage ; pleins : ils sont répertoriés dans la norme NF EN ISO 780 et donnent
— conditions de stockage (extérieur, abri, conteneur, magasin cli- des informations précieuses sur les contraintes de manutention, de
matisé, type de sol) ; stockage et de transport desdits emballages ;
— conditions climatiques. — marquages liés aux emballages primaires destinés à attirer
l’attention du consommateur sur la nature du produit contenu dans
■ Transport : connaître et répertorier dans le détail tous les l’emballage ou sur la manipulation de l’emballage lui-même : à ce
moyens de transport susceptibles d’être utilisés est possible si le titre, une norme européenne NF EN ISO 11683 spécifie les caracté-
produit est clairement identifié comme dans le domaine des biens ristiques des indications tactiles de danger qui doivent figurer sur
d’équipement. Mais la distribution d’un produit alimentaire est sus- les emballages de substances dangereuses pouvant être utilisés par
ceptible d’utiliser tous les moyens de transport existants, sans iden- les non-voyants et les malvoyants (application de la directive
tification possible. 79/831/CEC) ;
Le concept de l’emballage de distribution ou de transport, voire — marquages relatifs aux substances et préparations dangereu-
de charge unitaire, prend dans ce cas toute son ampleur. Ces embal- ses dépendant de la réglementation en vigueur.
lages conçus pour la distribution doivent remplir leur rôle et Des normes de marquage permettant d’identifier le matériau
protéger les emballages primaires. constitutif ont été élaborées dans le secteur des matières plastiques.

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L’utilisation des codes à barres se répand dans tous les secteurs tiques aux plans mondial et européen. L’actualisation de cette série
de l’économie. Ils sont particulièrement utilisés dans le domaine de de normes se poursuit au plan européen. Ces normes de méthodes
la logistique puisqu’ils permettent d’apporter des informations d’essais décrivent un monde opératoire précis et donnent en même
précises aux différents partenaires (pour la gestion des stocks, temps des niveaux de sévérité d’essais ainsi que des critères
l’identification des produits, l’identification des fabricants, l’affi- d’acceptabilité après essais. Les exemples les plus courants concer-
chage des prix, etc.). nent les essais de compression, de chute, de choc, de vibration, etc.
En revanche, il existe une norme d’importance qui fixe des
3.1.3 Coordination dimensionnelle programmes d’essais applicables aux emballages complets et
pleins : la norme NF H 00-060. Ces programmes d’essais se différen-
La coordination dimensionnelle a pour objectif d’optimiser le cient par leur type, leur sévérité mécanique et le conditionnement
système de distribution physique des marchandises. climatique. Le choix d’un programme est lié aux caractéristiques de
l’emballage, au coût du produit emballé, au mode de transport
L’objectif global est d’assurer que tous les éléments du système utilisé et au type de circuit de distribution emprunté en tenant
(par exemple étagères, emballages de transport, charges unitaires, compte des conditions climatiques rencontrées.
palettes, conteneurs, véhicules de transport, équipements de char-
gement et de déchargement, installation de stockage) sont coor- Toutes ces normes sont d’une grande utilité tant pour le concep-
donnés du point de vue dimensionnel à un module et donc teur d’emballage que pour l’utilisateur et l’expéditeur.
compatibles les uns avec les autres.
Cela suppose que toute tentative d’optimisation d’une partie d’un
système de distribution tienne compte de l’effet induit sur l’autre 3.2 Normalisation des différents types
partie du système. Les conséquences de la mise en place d’une telle d’emballages
optimisation auront pour effets :
— une utilisation optimale des volumes de transport ; Plusieurs facteurs ont influencé les travaux de normalisation dans
— un meilleur chargement (dû à l’homogénéité des charges uni- le domaine de l’emballage.
taires) et une limitation des avaries par calage des emballages ;
En premier, le besoin exprimé par des secteurs professionnels de
— un gain de place en entrepôt ;
vouloir normaliser : les normes sont présentes depuis les années
— une valorisation des chaînes de fabrication et de conditionne-
1930 pour le secteur des boîtes métalliques par exemple. Ces
ment.
besoins ont pu être exprimés plus tardivement dans certains
La norme NF ISO 3394 fixe les dimensions d’encombrement des secteurs professionnels. C’est le cas des emballages en matière
emballages d’expédition rectangulaires rigides. Elle ne s’applique plastique et complexes qui sont apparus plus récemment sur le
pas aux emballages de détail destinés en principe à remplir les marché.
emballages d’expédition. Les travaux portant sur les dimensions de
En deuxième, la nature des matériaux constitutifs influençant la
base d’encombrement ont fait apparaître l’intérêt de définir, pour
conception et la fabrication des emballages : ainsi une souplesse,
servir de base à la gamme de ces dimensions, une unité modulaire
une flexibilité dans la fabrication d’un emballage, ne favorisent pas
qui ne soit pas elle-même une unité d’emballage et qui soit en
l’élaboration de normes dimensionnelles.
même temps assez souple pour s’adapter au mieux aux surfaces de
base de tous les modes de transport. En troisième, l’évolution des attitudes face à la normalisation : on
est passé d’une phase d’élaboration de normes dimensionnelles de
L’unité modulaire choisie, par le jeu de ses multiples et sousmul-
produit à une phase d’élaboration de normes de performance.
tiples, permet d’établir une liste de dimensions d’emballages de
D’ailleurs, cette dernière phase entraîne une nouvelle vision de la
transport adaptées à chacun de deux types de palettes normalisées
normalisation qui dépasse celle de la solution à un simple problème
(1 200 mm x 1 000 mm et 1 200 mm x 800 mm) : le module de base
de production de l’entreprise. L’entreprise intègre la normalisation
est le 600 mm x 400 mm.
dans sa stratégie (se référer aux normes sur l’assurance de la
Les dimensions extérieures effectives (longueur, largeur) sont qualité).
obtenues en multipliant ou en divisant ce module par un nombre
La collection de normes dans le secteur de l’emballage reflète ces
entier. Les dimensions du module et les dimensions dérivées sont
différentes phases. Mais avant d’aborder les types d’emballages
des dimensions maximales. La hauteur des emballages est laissée au
proprement dits, il est nécessaire de faire un rappel des différentes
choix des utilisateurs. C’est sur la base des 2 dimensions normalisées
catégories de normes que la normalisation peut proposer pour
de palettes que s’établit la notion de charge unitaire. Celle-ci devient
répondre à toute démarche de normalisation émanant d’un secteur
l’élément pivot de la chaîne de distribution. Cette charge est suscep-
industriel, de représentants de consommateurs ou de toute autre
tible de regrouper les emballages de transport en ensembles homo-
entité.
gènes dont la cohésion doit être assurée au cours de l’expédition.
Toutefois, il faut souligner que certains produits ne peuvent tout
simplement pas être emballés dans des emballages modulaires. La
3.2.1 Catégories de normes
mise en place d’une telle coordination ne peut être menée qu’en Ces différentes catégories de normes sont utilisables pour les
pleine connaissance des investissements ou réinvestissements normalisations des emballages primaires (emballages au contact du
qu’elle peut entraîner (figure 1). produit) et des emballages de distribution et de transport, mais elles
ne sont pas présentes pour chaque type d’emballage dans la collec-
tion des normes françaises.
3.1.4 Méthode d’essai et programmes d’essais
■ Les normes dimensionnelles peuvent intégrer plusieurs catégo-
Les travaux de normalisation dans ce domaine ont pour but ries de dimensions :
l’amélioration de l’usage et des services rendus par les emballages, — dimensions de base des emballages : particulièrement utili-
c’est-à-dire l’aptitude optimale à l’emploi. Cette notion d’aptitude à sées dans le cadre de la coordination dimensionnelle ; avec la hau-
l’emploi se mesure en termes de performances et de qualification teur, on obtient les dimensions d’encombrement ;
des emballages. Pour faire cette qualification, il faut se donner les — dimensions fonctionnelles ou d’interfaces : dans ce cas, les
moyens : ces moyens sont représentés par les méthodes d’essais et normes fixent les dimensions essentielles nécessaires à l’interchan-
les programmes d’essais. geabilité, à la compatibilité avec d’autres emballages, avec des
Toute la collection de normes françaises sur les essais isolés a fait accessoires (exemple : bouchage) et avec des machines de condi-
l’objet d’une révision complète. Beaucoup de ces normes sont iden- tionnement ou des moyens de manutention.

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Module
400 x 600
1200 800
1200 1000

Marchandises, emballages et charges unitaires


Producteurs

Emballages réutilisables et équipements des charges unitaires


Grossiste / centre de distribution

600 x 800 600 x 800


600 x 400

Hôpitaux, restauration, écoles

Détaillant

Utilisateur final / Consommateur

Les dimensions indiquées sont en millimètres. Figure 1 – Coordination dimensionnelle


à partir du module de base 600 mm x 400 mm

■ Les normes de construction ou de produit sont avant tout des- ■ Emballages industriels
criptives. Elles fixent les dimensions précises des emballages, leurs Les normes sont très diversifiées et réparties dans la série H 00-3…
formes, les assemblages et peuvent aller jusqu’aux caractéristiques L’emballage industriel lui-même est le résultat d’association de
des matériaux constitutifs. plusieurs matériaux ou de plusieurs produits. Ce sont des embal-
■ L’élaboration de normes de performance nécessite que soient lages évolutifs qui doivent s’adapter à chaque type de contenu.
répertoriées les contraintes d’utilisation et de distribution auxquel- L’attention peut être toutefois attirée sur la norme H 00-300 qui est un
les seront soumis ces dits emballages. Ces normes apportent une « recueil des informations nécessaires à la définition d’un emballage
flexibilité dans l’utilisation que n’ont pas les normes descriptives de industriel ». Ensuite, peuvent être mentionnées les normes sur les
produit. Elles permettent en effet au fabricant de faire évoluer son divers produits utilisés pour concevoir un emballage industriel. C’est
produit en fonction des technologies nouvelles tout en respectant le cas des normes sur les matériaux souples, les déshydratants.
les contraintes liées à la distribution et l’utilisation du produit. ■ Emballages primaires
■ Les normes d’information ou guide : ce sont les utilisateurs qui La normalisation des emballages primaires existe depuis de
sont le plus concernés par ce type de documents. Ils leur permettent nombreuses années, faisant toutefois l’objet d’une actualisation
de définir le mieux possible le service qu’ils attendent de leur régulière. Les normes présentes dans la collection traitent davantage
emballage et ainsi d’élaborer un cahier des charges adéquat. des aspects dimensionnels, d’interface et de mesurage des capacités
que des performances. Les secteurs les plus couverts sont les
bouteilles en verre et en plastique, les boîtes appertisées en fer blanc
3.2.2 Types d’emballages
et en aluminium et les générateurs d’aérosols (répertoriés dans les
Dans ce chapitre ne sont pas analysées toutes les normes de la sous-classes H 35-…, H 33-… et H 44-…, cf. [Doc. AG 6 050]).
collection (se reporter à la documentation, [Doc. AG 6 050, tableau A]) ; Actuellement, un programme de normalisation important est
seuls sont repris les grands secteurs. entrepris au plan européen.

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■ Sacs en papier et en plastique (sous-classes H 11-… et H 34-…) — la qualité et le contrôle (l’impression des codes à barres, les
Deux secteurs industriels ont entrepris des démarches nor- caractéristiques optiques des symboles, les tests sur les symboles,
matives : les équipements d’impression, de lecture et de vérification des
symboles) ;
— celui des fabricants de sacs grande contenance utilisés pour la
— les informations contenues dans les symboles et leur
distribution de produits granuleux et poudreux : dans la majorité
présentation ;
des cas, les normes au plan national reprennent les normes euro-
— et en dernier, les applications (ensemble des informations à
péennes elles-mêmes issues des normes ISO. Ce domaine traite à la
faire figurer sous forme de code à barres).
fois de terminologie, de dimensions et des méthodes d’essais ;
— celui du commerce qui peut utiliser des emballages destinés à
contenir les produits qu’il vend en ayant recours à des emballages
normalisés : deux normes sur les sacs plastiques (à bretelles et de 3.3 Normalisation dans le domaine
distribution) et une norme sur les sacs papier destinés à contenir
des fruits et légumes ont été élaborées. Dans les deux cas, ce sont
des matériaux d’emballage
des normes de performance.
■ Fûts, bidons (sous-classes H 34-… et H 31-…) De multiples combinaisons peuvent être utilisées entre la multi-
tude de matériaux mise à disposition et les divers types d’embal-
Toute une série de normes européennes sur les fûts et bidons
lage. Le choix du matériau se révèle être un élément déterminant
métalliques, plastiques et en fibres a été adoptée en 1999. Elles
dans la réussite d’un emballage. Ce matériau doit répondre aux
seront reprises automatiquement dans la collection des normes
besoins de la production, (chaînes de fabrication et de conditionne-
nationales.
ment), aux besoins du produit (compatibilité avec le produit
■ Caisses en bois, en carton et en plastique (sous-classes H 03-…, contenu), aux besoins de la distribution (contraintes de transport,
H 13-… et H 34-…) stockage, manutention), satisfaire les attentes de l’utilisateur ou du
Ce type d’emballage entre dans la catégorie des emballages de consommateur.
distribution et de transport. Il joue un rôle essentiel dans la constitu- Les industriels et les laboratoires ont à leur disposition une collec-
tion des charges unitaires et, de ce fait, dans la réussite d’une bonne tion de normes très ouverte qui couvre notamment les secteurs
coordination dimensionnelle. Des normes au plan national existent suivants :
notamment pour les caisses destinées à contenir des fruits et — les métaux ferreux et non ferreux ;
légumes. De nombreux travaux ont démarré au plan européen — les revêtements anticorrosion ;
(exemple : conditionnement pour le transport de petites charges — les plastiques ;
pour l’industrie automobile). L’accent est porté sur la réutilisation de — les adhésifs ;
ce type de caisse et l’élaboration de normes de performance. — les complexes ;
■ Accessoires (sous-classes H 02-…, T 76-…) — les textiles ;
— les papiers et les cartons ;
Les adhésifs sont normalisées au plan national avec notamment — le bois.
la présence de nombreuses méthodes d’essais. Il existe deux
normes sur les liens d’emballage. La collection devrait augmenter Ces normes donnent les principales caractéristiques des maté-
dans les prochaines années puisqu’un important travail de normali- riaux et semi-produits ainsi que l’ensemble des méthodes d’essais.
sation sur les feuillards plastiques et métalliques a démarré au Elles permettent de concevoir un emballage en ayant toutes les
niveau européen. connaissances nécessaires relatives aux éléments constitutifs. Il ne
faut toutefois pas oublier que, même si les essais effectués sur les
■ Grands récipients vracs (GRV) (sous-classe H 50-…) matériaux se révèlent positifs, il est indispensable de vérifier l’apti-
Deux types de GRV sont concernés, les flexibles et les rigides. tude à l’emploi de l’emballage en fonction du type de produit
Les flexibles font déjà l’objet de normes au plan national. Les contenu et du circuit de distribution envisagé.
normes en cours d’élaboration au plan européen devraient les
supplanter à moyen terme.
■ Palettes (sous-classe H 50-000) 3.4 Thèmes particuliers
Les palettes jouent un rôle particulièrement important dans le
cadre de la constitution des charges unitaires et de la coordination
dimensionnelle. Outre l’existence de normes sur les dimensions de 3.4.1 Emballage de matières dangereuses
base, des normes ont été élaborées sur la conception des palettes
1 200 mm x 800 mm et 1 200 mm x 1 000 mm ainsi que sur la perfor- Les exigences pour les emballages destinés à contenir et trans-
mance de ces produits. Les travaux sont fortement orientés au plan porter des matières dangereuses et, particulièrement, les méthodes
international. d’essais sont définies par les réglementations et, en particulier, les
■ Emballages destinés aux consommateurs suivantes :
Cette rubrique couvre les normes qui relèvent de l’approche ADR : Accord européen relatif au transport des
protection des consommateurs : marchandises dangereuses par route
— protection des enfants : normes sur la fermeture de protection ADNR : Accord européen relatif au transport interna-
pour emballages destinés à empêcher les enfants d’avoir accès aux tional des marchandises dangereuses par voie
produits ; de navigation sur le Rhin
— protection des personnes non-voyantes et malvoyantes : nor- IATA : International Air Transport Association (Régle-
mes sur la mise au point d’un symbole tactile qui indique aux per- mentation pour le transport aérien des marchan-
sonnes que l’emballage contient un produit dangereux. dises dangereuses)
■ Codes à barres IMDG : International Maritime Code for Dangerous
Les normes établies dans ce domaine, notamment au plan euro- Goods (Code maritime international des
péen, concernent : marchandises dangereuses)
— la symbologie (codes EAN, CODABAR, 2 sur 5 entrelacé, OACI (ICAO) : Organisation de l’aviation civile internationale
code 39 et code 128) ; (International Civil Aviation Organization)

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NORMALISATION DES EMBALLAGES ______________________________________________________________________________________________________

OMI (IMO) : Organisation maritime internationale (Interna- Les travaux de normalisation ont été abordés directement au
tional Maritime Organization) niveau européen. L’approche retenue pour aborder ce thème est
RID : Règlement concernant le transport international avant tout transversale puisque les projets en cours sont applicables
ferroviaire des marchandises dangereuses quels que soient le type d’emballage, la forme, le matériau, le
produit contenu et le mode de collecte des déchets [3].
RTMDF : Règlement pour le transport des matières dange-
reuses par chemin de fer Cinq normes traitant de cinq exigences essentielles sont en voie
de finalisation et d’adoption.
RTMDR : Règlement pour le transport des matières dange-
reuses par route. — Prévention par la réduction à la source (pr EN 13428) : cette
norme spécifie une méthode d’évaluation d’un emballage permet-
Pour chaque matière ou famille de matières, la réglementation tant de s’assurer que le poids et/ou le volume de la quantité de
spécifie les types d’emballages et le seuil minimal de résistance des matériau qu’il contient a été minimisé tout en garantissant ses fonc-
emballages [2]. Les textes précisent les essais auxquels doivent tions.
satisfaire les emballages, ainsi que leur niveau de sévérité.
— Réutilisation (pr EN 13429) : cette norme spécifie les exigences
Les travaux de normalisation dans ce domaine ne peuvent être auxquelles un emballage doit satisfaire pour être classé comme réu-
entrepris que dans une optique normalisation dite nouvelle tilisable.
approche (normalisation en tant que complément technique aux
— Emballages valorisables par recyclage matière (pr EN 13430) :
exigences essentielles fixées par une réglementation). Pour des
cette norme spécifie les exigences pour qu’un emballage soit classé
réglementations ne relevant pas de cette nouvelle approche, il est
comme valorisable sous forme d’un recyclage matière et établit des
possible, dans un souci d’harmonisation des procédures d’essais
procédures pour l’évaluation de la conformité à ces exigences.
entre les différents laboratoires chargés officiellement de faire les
essais, d’établir des normes permettant de rendre plus claire la — Emballages valorisables énergétiquement (pr EN 13431) :
compréhension desdites procédures d’essais. Ce type de normalisa- cette norme spécifie les exigences pour qu’un emballage soit classé
tion relève d’une pratique exceptionnelle. Toutefois, des travaux ont valorisable énergétiquement et établit des procédures pour l’éva-
démarré au plan européen. luation de la conformité à ces exigences.
— Emballages valorisables par compostage et biodégradation
(pr EN 13432) : cette norme spécifie les exigences et les méthodes
3.4.2 Emballage et environnement permettant de déterminer la possibilité de composter et de traiter en
anaérobiose les emballages et les matériaux d’emballage.
La prise en compte de l’environnement dans les travaux de
normalisation a démarré au début des années 90 et s’est amplifiée L’application de ces cinq normes permet de limiter l’impact des
au moment de l’adoption de la directive européenne 94/62/CE sur emballages une fois devenus déchets, mais elles ne s’appliquent
les emballages et déchets d’emballage fin 1994. pas nécessairement simultanément au même emballage. Ces
Cette directive « a pour objet d’harmoniser les mesures natio- méthodes peuvent s’exclure mutuellement en fonction des combi-
nales concernant la gestion des emballages et des déchets d’embal- naisons et circonstances. C’est la raison pour laquelle une sixième
lage afin, d’une part, de prévenir et de réduire leur incidence sur norme a été élaborée afin de définir la relation existant entre ces
l’environnement des États membres et des pays tiers et d’assurer cinq normes et le rapport CEN sur les métaux lourds et autres subs-
ainsi un niveau élevé de protection de l’environnement et, d’autre tances dangereuses.
part, de garantir le fonctionnement du marché intérieur et de Exigences relatives à l’utilisation des normes dans le domaine de
prévenir l’apparition d’entraves aux échanges et de distorsions et l’emballage et des déchets d’emballage (pr EN 13427) : cette norme
restrictions de concurrence dans la communauté ». spécifie des exigences et une procédure selon lesquelles une
À cet effet, la directive « prévoit des mesures visant, comme personne ou un organisme responsable de la mise sur le marché des
première priorité, la prévention de déchets d’emballage et, comme emballages ou des produits emballés peut appliquer de manière
autres principes fondamentaux, la réutilisation d’emballage, le recy- combinée les cinq normes et le rapport CEN (cités ci-dessus).
clage et les autres formes de valorisation des déchets d’emballages D’autres normes sont également proches de l’adoption comme,
et, partant, la réduction de l’élimination finale de ces déchets. » par exemple, celles traitant de la terminologie (pr EN 13193), des
L’article 9 de la directive stipule qu’un emballage répond à toutes méthodes de recyclage (pr EN 13437), du taux de valorisation éner-
les exigences essentielles lorsqu’il est conforme aux normes gétique (pr EN 13439) et du taux de recyclage (pr EN 13440). Des
harmonisées le concernant. méthodes d’essais dans le domaine de la dégradabilité des embal-
L’article 10 de la directive encourage l’élaboration de normes et lages et matériaux d’emballage sont à ce jour en cours de rédaction.
rapports en complément de celles relatives aux exigences essen- Ce domaine de travail a fait preuve d’une intense activité pour
tielles. faire face aux impératifs fixés par la Commission européenne de
Le CEN a été mandaté par la Commission européenne pour mettre à disposition des normes qui puissent être utilisées par les
préparer les normes afin de démontrer la conformité avec les industriels pour mettre en conformité leurs emballages. La majorité
exigences essentielles de la directive. des documents seront disponibles en l’an 2000.

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