You are on page 1of 10

Universitatea Dunarea de Jos – Galati

Conversie Franceza 2017-2019

ISTORIE SI CIVILIZATIE IN SPATIUL FRANCOFON


( CONF. DR. MIRELA DRAGOI )

Student : Carmen Dulgheru

3 Februarie 2018
Les croisades

Bénie par le pape et conduite par les monarques des royaumes chrétiens de la vieille Europe, cette
aventure devait représenter tout ce que l'esprit médiéval avait de bon en lui. Malgré l'échec militaire
manifeste des croisades (à l'exception de la première), la Chrétienté en sortit grandie au niveau
économique et culturel. Le choc des cultures fut nettement favorable à l'Europe, moins avancée que le
Moyen Orient qui rentre alors en déclin. Les croisades permirent également au niveau géopolitique la
création des Etats Latins d'Orient (comté d'Edesse et de Tripoli, principauté d'Antioche, royaume de
Jérusalem) et l'essor des républiques maritimes italiennes (Amalfi, Gênes, Pise et Venise).

Les caractéristiques des Croisades

Une grande aventure médiévale

Alors que la société européenne était rigide et fragmentée, tous les états (clergé, noblesse, bourgeoisie
et université) s'impliquèrent dans les huit expéditions, toutes castes confondues :

•La haute noblesse les appuya et lutta pour elles

•La hiérarchie du clergé prêcha en leur faveur depuis les cathédrales jusqu'à la plus modeste des
chapelles.

•Basse noblesse ou puînés des familles s'y lancèrent qui en quête de réputation et d'honneurs, qui de
pouvoir et de richesses.

•Trouvères et jongleurs rivalisèrent en poésie sur la reconquête de la Terre sainte, atteignant parfois
dans leurs vers des sommets artistiques sublimes.

•Pour tout chevalier « partir à la Croisade » devint très vite un devoir incontournable, autant que le
respect et l'amour pour sa dame.

Un grand investissement économique

Au cours des huit campagnes, tout le monde y trouva son compte :

•Corporations d'armuriers, forgerons, tailleurs, tanneurs et artisans de toute sorte équipèrent et


pourvurent les croisés

•De puissantes corporations de commerçants et d'investisseurs financèrent les différentes campagnes


entreprises...

•Grands armateurs et travailleurs des chantiers navals fournirent les nombreux navires nécessaires au
transport de cette multitude.

•Le petit peuple des campagnes enfin, tout comme les pauvres prolétaires des villes, nourrissaient au
passage les phalanges plébéiennes des armées : infanterie et unités d'artillerie.

Le rôle des femmes


Les femmes, jusqu'alors réalité féodale passive participèrent à la grande entreprise en confectionnant
vêtements, couvertures et toiles d'abri : brodant une infinité de bannières avec force flammes,
enseignes, insignes, fanions et drapeaux que devaient bientôt arborer sur les champs de bataille les
porte-étendards des armées. Sans parler de mouchoir marqué de deux ou trois larmes d'amour de sa
dame, que tout chevalier en partance pour le Proche Orient emportait noué autour de son bras ou caché
contre son cœur. Souvent même, la reine accompagnait son royal conjoint dans l'aventure, suivie elle-
même par les dames de la plus haute noblesse, voyageant elles aussi avec leurs époux. En même temps
que les comtesses, marquises et autres baronnes, une troupe bigarrée de prostituées suivait. On trouvait
également toute une horde de vauriennes, d'entremetteuses, de joueuses invétérées, de truandes et
assassines

Des expéditions très sanglantes

Une fois les villes conquises, les troupes chrétiennes et leurs chefs, se livraient à des atrocités qui
faisaient frémir les chroniqueurs chrétiens qui en avaient été les témoins, certains se plaisaient à
pratiquer le cannibalisme. Ainsi, après la mise à sac de la Palestine, Raoul de Caen, chroniqueur de la
Première Croisade écrivait : « A Maarat, les nôtres firent cuire les païens adultes dans des marmites et
embrochèrent les enfants pour les manger rôtis. » Le chroniquer arabe Usana ibn Munqidh, qui avait
connu dans sa chair les atrocités de la deuxième te troisième croisade, notait dans ses mémoires : «
Quand on nous eu informés sur les frany (nom donné par les Arabes aux Croisés), nous vîmes en eux
des bêtes nuisibles qui ont une supériorité dans la valeur et l'ardeur au combat mais rien d'autre, tout
comme les animaux ont une supériorité dans la force et l'agressivité. » Et cet autre : « Les frany
passèrent au fil du couteau la population de la Cité sainte et tuèrent des Musulmans pendant une
semaine. Dans la mosquée Al-Aqsa, ils massacrèrent 60 000 personnes. Ils réunirent et enfermèrent les
Juifs dans leur synagogue et les y brûlèrent vifs. » Même leurs coreligionnaires n'échappèrent pas à la
fureur sacrée des troupes européennes : tous les prêtres et pratiquants des rites orientaux résidant à
Jérusalem furent expulsés de la ville et beaucoup assassinés. Plusieurs prêtres coptes qui savaient où se
trouvait cachée « la Sainte croix du Christ » furent férocement torturés afin qu'ils livrent leur secret.

Un croisé en prière

Libres de toute attache, les pauvres répondent à l'appel de la croisade avec plus de ferveur que les
autres classes sociales. Sensibles aux récompenses célestes promises, ils cousent sur leurs vêtements
une croix en tissu, d'où leur nom de "croisés" qui leur sera attribué.

La prédominance française

Cependant avec notre regard d'aujourd'hui, les Croisades, ces entreprises démesurées, absurdes dans
un certain sens, se révélèrent d'un haut degré d'imperfection et, par dessus tout, chaotiques et
irrationnelles. Ce mot de « Frany » nous fait prendre conscience du fait que les Croisés provenaient de
toutes les régions d'Europe, depuis le Portugal jusqu'à la Lituanie, mais elles étaient principalement et
essentiellement une entreprise française. Grâce à cette prépondérance, la France était à chaque fois le
centre et l'axe de la politique européenne : l'Etat le plus puissant et le plus influent du continent. Mais
la France sortit cependant exsangue des Croisades, y perdant plus de vies humaines que tous les autres
pays de la chrétienté réunis. Selon l'avis de plusieurs historiens, les Croisades furent le prologue de la
guerre de cent Ans au cours de laquelle la France affronta l'Angleterre dans des conditions
désavantageuses dès le début.
La première croisade (1095 – 1099)

En ce jour de novembre 1095, malgré le froid et la neige tombée sur la montagne entourant Clermont,
capitale de l'Auvergne, une grande foule s'était rassemblée pour la venue du pape Urbain II. Quand
celui-ci prit la parole du haut d'une simple tribune en bois, il se fit un grand silence. Tout le monde
devinait que le pape allait parler des nouvelles qui s'étaient répandues dans toute l'Europe à propos de
la Terre Sainte. Et ces nouvelles étaient désastreuses pour la chrétienté.

Les enjeux

L'appel du pape Urbain s'adressa à la foule en français : « Ô peuple des Francs ! Peuple aimé et élu de
Dieu ! De Jérusalem et de Constantinople s'est répandue la grave nouvelle qu'une race maudite,
totalement étrangère à Dieu, a envahi les terres chrétiennes, les dépeuplant par le fer et le feu. Les
envahisseurs ont fait des prisonniers : ils en prennent une partie comme esclaves sur leurs terres, les
autres sont mis à mort après de cruelles tortures. Ils ont détruits les autels après les avoir profanés.
Cessez de vous haïr ! Mettez fin à vos querelles Prenez le chemin du Saint Sépulcre, arrachez cette
terre à une race maligne, soumettez-là ! Jérusalem est une terre fertile, un paradis de délices. Cette cité
royale, au centre de la terre, vous implore de venir à son aide. Partez promptement, et vous obtiendrez
le pardon de vos fautes ! Souvenez-vous aussi que vous recevrez pour cela des honneurs et la gloire
éternelle au royaume des cieux. » Un frémissement, des murmures, des cris d'indignation étouffés
parcoururent alors la foule. Un célèbre moine prédicateur qui participait au concile de Clermont, Pierre
d'Amiens, dit Pierre l'Ermite, poussa ce cri : « Dieu le veut ! ». La foule le reprit comme un
grondement de tonnerre : « Dieu le veut ! ». C'est ainsi que commença la Première Croisade.

Le concile de Clermont

La présence du pape français Urbain II au concile de Clermont attira une telle foule que la réunion dut
se tenir en plein air (contrairement à la miniature ci-contre), sur une place entourée par les tentes des
participants, accourus de plusieurs pays

La Terre sainte aux mains des infidèles

Urbain II, moine de Cluny, poursuit à sa manière la réforme grégorienne de l'Église engagée par son
prédécesseur Grégoire VII. L'appel de Clermont s'inscrit dans la continuité des « trêves de Dieu », le
clergé invite les chevaliers à interrompre leurs combats et à respecter les non-combattants (femmes,
enfants, ecclésiastiques, marchands,...). Le pape veut en particulier moraliser la chevalerie, éradiquer
la violence et mettre fin aux guerres privées entre seigneurs féodaux. Or les croisades allaient
représenter les entreprises militaires les plus importantes et les plus sanglantes de l'histoire médiévale.
A l'origine de cette offensive de la chrétienté contre l'islam, il y a des causes et des prétextes très
divers. Dans le monde islamique, des changements importants étaient intervenus. Les Arabes, civilisés
et tolérants, avaient toujours accueilli sans difficulté les pèlerins chrétiens en terre Sainte, et plus
volontiers encore les marchands venus d'Occident. Or, leur pouvoir en Palestine avait été réduit par
l'avancée des Turcs Seldjoukides. Ces musulmans étaient beaucoup plus rudes et intolérants que leurs
coreligionnaires arabes. Au XIe siècle, ils occupaient la Mésopotamie, la Syrie, les ports du Levant et
la Palestine avec tous ses lieux saints, Bethléem, Nazareth, Jérusalem. C'est surtout l'occupation de la
ville sainte qui révoltait l'Occident, car elle abritait le Saint Sépulcre, abritant la tombe du Christ.
Même si, par la suite, les faits furent exagérés, il est vrai que les pèlerins de Palestine furent en butte à
la persécution des Turcs. Le désir d'arracher ces régions aux mains des « infidèles » fut un puissant
stimulant religieux, qui poussa de nombreux fidèles à endosser la tunique blanche « croisée », c'est-à-
dire marquée de la croix rouge du Christ. La détermination des croisés fut renforcée par les premiers
succès des chrétiens espagnols dans leur entreprise de reconquête (Reconquista) de la péninsule
ibérique.

Un croisé en prière

Libres de toute attache, les pauvres répondent à l'appel de la croisade avec plus de ferveur que les
autres classes sociales. Sensibles aux récompenses célestes promises, ils cousent sur leurs vêtements
une croix en tissu, d'où leur nom de " croisés " qui leur sera attribué.

Des raisons politiques et économiques

L'avancée des Turcs menaçait directement l'empire byzantin qui, durant sept siècles, avait constitué le
rempart contre lequel s'était brisée l'expansion islamique à l'est du continent européen. Dans les visées
de certains souverains occidentaux, les croisades devaient permettre de venir en aide aux Byzantins,
mais aussi d'établir, pour leur propre compte, des enclaves « latines », ou catholiques, en Terre Sainte.
Cet objectif était notamment soutenu par les républiques maritimes italiennes : les Turcs, en effet,
avaient coupé les routes du grand commerce avec l'Orient. Des ports et comptoirs sous domination
chrétienne permettraient de rouvrir ces routes, pour le grand profit des commerçants génois ou
vénitiens. Le projet d'expéditions en Orient excitait aussi l'imagination de centaines de chevaliers et de
barons désargentés et sans fiefs, de cadets ou de simples aventuriers qui espéraient conquérir au loin
les terres et les richesses qu'ils n'avaient pu trouver en Occident. De plus, la bénédiction de l'Église et
l'approbation de la chrétienté les auréolaient d'un grand prestige.

Enthousiasme général

L'enthousiasme pour la croisade fut énorme : des dizaines de milliers de personnes, y compris les
femmes, les vieillards, les enfants, se déclarèrent prêtes à partir libérer le Saint-Sépulcre. Il est hors de
doute que la ferveur religieuse fut le moteur principal de cet immense élan. Mais d'autres facteurs
alimentaient aussi cet enthousiasme. Le pape délia serviteurs et vassaux de leur serment de fidélité
envers leurs seigneurs durant toute la période de la croisade. C'était une aubaine pour des centaines de
petits vassaux, mais encore plus pour des milliers de paysans et de serfs, pour lesquelles la croisade
était l'occasion inespérée de sortir de leur condition et de devenir riches. L'indulgence plénière, c'est-à-
dire le pardon de tous les péchés qu'ils avaient commis, était en outre accordé aux croisés. De plus,
ceux-ci ne pouvaient être jugés, s'ils commettaient quelque crime, que par des tribunaux
ecclésiastiques, qui étaient disposés à fermer les yeux sur les fautes commises pour la cause sacrée.
L'appel du pape tombé à pic, en effet, depuis l'an Mille, la chrétienté vit un renouveau : les guerriers
codifient leurs combats et les paysans, bénéficiant d'une meilleur sécurité, améliorent leurs conditions
de vie. La population se met à croître rapidement, et l'Europe connaît un réel essor économique. Le
monde a quitté l'âge sombre pour entrer dans le Bas Moyen-Âge.

Les deux types de croisades

La « croisade des gueux »

« Dieu le veut ! Dieu le veut ! » : tel fut le cri de ralliement qui marqua le début des croisades. Urbain
II avait fixé au mois d'août 1096 le départ de la grande expédition. Mais des dizaines de milliers de
personnes s'étaient spontanément mises en route avant la date prévue. Sans protection armée, elles
couraient au massacre. Plus de 12 000 personnes étaient partis de France en mars, conduites par le
fanatique Pierre l'Ermite, entouré d'une vénération charismatique et un noble au nom évocateur,
Gauthier Sans Avoir. On y trouvait : femmes accompagnant leur mari, paysans à la foi ardente
désireux de fuir les servitudes féodales, enfants et vieillards convaincus de faire tomber les remparts
de Jérusalem par la force de leurs prières. Il n'y avait alors que huit chevaliers. Dans le même temps,
deux autres groupes mineurs étaient partis d'Allemagne. Munie de très peu d'armes et d'un maigre
ravitaillement, un peu comme des pèlerins se rendant dans le comté voisin, cette foule descendit le
Danube avec l'intention de rejoindre Constantinople et, de là, la Palestine : presque tous ignoraient où
se trouvait le pays. Cette croisade des pauvres se transforma en fléau. Les croisés saccagèrent des
villages entiers pour obtenir de la nourriture. Comme la plupart de leurs contemporains, ces pèlerins
n'ont pas conscience du temps historique. Ils pensent que le Christ est à peine antérieur à leur époque,
et s'acharnent à massacrer d'innocents groupes de juifs, qualifiés d'« ennemis du Christ ». Ces rapines
et violences provoquèrent la réaction armée des habitants des régions traversées. Une majorité
atteignirent Constantinople, où l'empereur Alexis Ier leur fit traverser le Bosphore, mais leur conseilla
d'attendre l'arrivée de la véritable armée croisée. Ce fut en vain. La foule poursuivit sa marche jusqu'à
Nicée, une place forte turque. Là, elle se disposa en ordre de bataille : quelques escouades d'archers
turcs, sortis de la ville, suffirent à décimer ces malheureux rêveurs. Une escadre de navires byzantins
récupéra les rares survivants

La « croisade des barons »

Entre l'été et l'hiver 1096 se mit en marche la gigantesque machine de la première véritable croisade.
Elle fut appelée « croisade des seigneurs », car aucun roi ne s'y était associé. Les différents souverains
d'Europe : Philippe Ier, roi de France, Guillaume II, roi d'Angleterre et l'empereur Henri IV avaient été
excommuniés par le pape. Mais les chefs de la croisade étaient valeureux et acquirent rapidement un
grand prestige. L'expédition comprend quatre armées :

•Les Français du Nord sont placés sous le commandement de Hugues de Vermandois, frère du roi de
France Philippe Ier, et Robert Courteheuse, fils de Guillaume le Conquérant.

•Les chevaliers du Rhin et de la Meuse sont menés par deux frères : Baudouin de Boulogne et
Godefroi de Bouillon, le plus vaillant chevalier du groupe, courageux au combat et débordant de foi.

•Une troisième expédition part du Midi de la France sous la conduite du comte de Toulouse, Raymond
IV de Saint-Gilles, âgé mais chargé de gloire et d'expérience pour avoir déjà combattu les musulmans
en Espagne.

•Enfin, une quatrième armée part de l'Italie méridionale commandée par le normand Bohémond de
Tarente, le fils de Robert Guiscard, qui conquit la Sicile. Bohémond est un guerrier expérimenté, il a
déjà combattu les musulmans. Il est accompagné de son neveu, Tancrède de Hauteville, « l'incarnation
de l'idéal du chevalier chrétien. »Le gros de l'expédition croisée était composé de contingents français
ou de souche franque. Si bien que les musulmans qui voyaient fondre sur eux une armée chrétienne
communiquant en français, prirent l'habitude d'appeler « Francs » tous les chrétiens d'Europe.

Les grandes étapes

De Constantinople à Nicée

Les armées composées d'environ 30 000 hommes au total, qui s'étaient rassemblées en divers points de
l'Europe, se mirent en marche, en utilisant des routes différentes, pour aboutir à Constantinople. Le
commandement unique fut confié à Godefroi de Bouillon, qui rejeta aussitôt fermement la proposition
de Bohémond de Tarente de s'emparer de la capitale byzantine, affirmant être venu « uniquement pour
combattre les infidèles ». Mais l'idée de mettre la main sur la riche cité de Constantinople demeura
présente. L'empereur byzantin, Alexis Ier, approvisionna les troupes croisées, déjà bien épuisées, et
s'engagea à les assister militairement. Les croisés avaient eu des démêlés avec l'empereur, celui-ci était
vexé que l'Occident prenne la relève de l'Orient pour la lutte contre l'Islam. Alexis pensait voir arriver
des mercenaires à sa solde. Il fut soulagé lorsque les troupes se mirent enfin en route pour Jérusalem.
Les discordes ravageaient l'armée croisée : Godefroi commandait... quand on le lui permettait. Mais la
division encore plus accentuée régnant chez les musulmans favorisa les croisés. Les troupes
chrétiennes occupèrent Nicée sans grande difficulté. Par la suite, elles affrontèrent les Turcs à Dorylée
dans une bataille très dure. Les troupes de Bohémond de Tarente étaient encerclées. Comme à leur
habitude, les Turcs lancèrent flèches et javelots sur leurs adversaires. Mais les Francs maîtrisaient
parfaitement la défensive, grâce à leurs cottes de maille et leurs épaisses armures. Les troupes de
Godefroi arrivèrent alors en rescousse. Dès lors, les Turcs abandonnèrent le champ de bataille, laissant
un butin énorme, et perdant leur invincibilité.

Les Croisés catapultant des têtes des morts lors du siège de Nicée

Afin de semer l'effroi sur les assiégés, les Francs catapultèrent des têtes de morts par dessus les
remparts de Nicée.

La pénible marche vers Jérusalem

Après la victoire de Dorylée, les troupes durent affronter leur ennemi le plus impitoyable : une marche
de 800 kilomètres sous un soleil ardent, dans des régions dépourvues d'eau, alors que les vivres
manquaient et que les tribus bédouines les harcelaient sans cesse. Bien plus que les batailles, ces
difficultés décimèrent l'expédition. L'hiver 1097 fut particulièrement pénible : après le soleil et la soif,
les croisés affrontèrent le vent et le froid, la pluie, la faim et les épidémies, sous les remparts
d'Antioche, dont les habitants résistèrent huit mois. De nombreux chrétiens désertèrent et
s'embarquèrent à leurs frais sur des navires génois et vénitiens pour revenir en Europe. Cependant,
beaucoup d'autres, les plus dévots et les plus solides, résistèrent. Parmi ceux-ci survécurent ceux qui
s'étaient nourris pendant des semaines avec des « cannes douceâtres appelées zucra en arabe » : les
Européens avaient découverts le sucre.

La prise d'Antioche

Antioche, assiégée par les croisés, résistait depuis huit mois. C'est alors que les croisés apprirent
l'arrivée, en renfort des assiégés, d'une forte armée turque. Cette nouvelle suscita un tel mouvement de
crainte et de désespoir qu'ils redoublèrent leurs assauts et prirent Antioche en une semaine. La ville fut
livrée au pillage. L'audacieux Bohémond conduisit ensuite les troupes croisés contre l'armée turque,
qui fut vaincue. Six mois passèrent pendant lesquels les croisés reprirent des forces et se
réorganisèrent. Mais entre temps, les croisés se laissèrent griser par le pouvoir. Les seigneurs ne
résistèrent pas à la tentation de s'offrir une province, malgré la promesse faite à l'empereur byzantin
qui devait récupérer les territoires pris aux Turcs. Ainsi, Bohémond avait convaincu les Byzantins qui
l'accompagnaient de s'enfuir. Les Byzantins l'avaient abandonné et il put se libérer de son serment de
vassalité avec l'empereur. Bohémond se proclama ainsi prince d'Antioche. Quant à Baudouin de
Boulogne, il attaqua Edesse pour son propre compte. De tous les grands croisés, seul Raymond IV ne
s'était pas corrompu. Il partit seul pour Jérusalem bientôt rejoint par Godefroi de Bouillon.

Le siège d'Antioche
Un jour, un pauvre pèlerin raconta son rêve où il avait vu Saint André qui lui révéla l'endroit où était
cachée la Saint Lance (la lance du centurion qui aurait percé le flanc du Christ). La Lance était enterré
dans le sol de l'église Saint Pierre d'Antioche. On souleva les dalles puis l'on creusa une fosse, la
Sainte Lance fut retrouvée quelques jours plus tard. Par la suite on accusa Raymond de Saint-Gilles
d'avoir imaginé le subterfuge de la lance pour fanatiser ses compagnons.

La prise de Jérusalem

Le 7 juin 1099, trois ans après leur départ d'Occident, 12 000 soldats du Christ, déguenillés, tombèrent
à genoux en pleurant lorsqu'ils aperçurent au loin les remparts puissants et élevés de Jérusalem, la
Ville Sainte ! Les Croisés bénéficièrent des rivalités entre musulmans. Pendant que les Turcs étaient à
Antioche, les Egyptiens fatimides avaient pris la ville de Jérusalem. Godefroi de Bouillon fit dresser
les tentes autour de la ville et installer les machines de sièges, les tours pour l'escalade des remparts,
construites par les charpentiers génois, les catapultes et tous les engins conçus par les techniciens
militaires. La garnison de la place, qui ne dépassait pas le millier, observa tous ces travaux avec
étonnement et quelque crainte. Le calife égyptien envoya ses ambassadeurs auprès des chefs croisés :
il promettait, comme autrefois, toute liberté aux pèlerins chrétiens pour séjourner dans la ville et
visiter les lieux saints. Les chefs de la croisade tinrent conseil. Allait-on abandonner, si près du but,
l'objectif principal de l'expédition et s'interdire de former des royaumes latins en Orient, alors même
que certains chevaliers s'étaient déjà taillé quelques fiefs dans les territoires conquis ? Aussi exigèrent-
ils une reddition sans conditions. Les musulmans refusèrent. Le siège de la ville commença. Durant
quarante jours, les mille défenseurs résistèrent aux douze mille croisés qui les assiégeaient. Le 15
juillet, Godefroi, Tancrède et leurs hommes réussirent à escalader les remparts de la ville. A coups de
hache, ils atteignirent les portes, qu'ils ouvrirent toutes grandes. Les soldats se ruèrent dans la cité.
Exaspérés par les privations, exaltés par les harangues des prédicateurs, affamés, ils ne pensèrent plus
qu'à se venger et à rançonner la population, comme ils l'avaient fait à Antioche. Ce fut une page peu
glorieuse de la chrétienté.

Le pillage de Jérusalem

Un témoin oculaire, Raymond d'Agiles, raconta : « On vit alors des choses jamais vues. De nombreux
infidèles furent décapités, tués par les archers ou contraints de sauter du haut des tours. D'autres encore
furent torturés puis jetés dans les flammes. On pouvait voir dans les rues des monceaux de têtes, de
mains et de pieds. On chevauchait partout sur des cadavres. Ce fut un tel massacre dans la ville que les
nôtres marchaient dans le sang jusqu'aux chevilles. Les croisés pillaient à satiété : ils parcouraient les
rues, entraient dans les maisons, raflaient or, argent, chevaux, tout ce qu'ils trouvaient... »

L'héritage de la première Croisade

Les Etats Latins d'Orient

Les croisés atteignirent enfin la basilique édifiée sur le Saint Sépulcre du Christ, que les infidèles
avaient reconstruite après qu'un souverain fanatique eut cherché à l'abattre. Là, ils s'embrassèrent,
pleurant de joie, les croisés avaient enfin atteint leur objectif. Le pape Urbain II mourut sans avoir eu
connaissance du succès de l'expédition. On proposa à Godefroi de Bouillon le royaume « latin » ainsi
conquis aux dépens de Raymond de Saint-Gilles qui était l'autre prétendant. Il refusa la couronne, se
contentant du titre plus modeste d'« avoué, ou défenseur du Saint Sépulcre », ne voulant ceindre une
couronne d'or là où le Christ avait une couronne d'épines. Il vainquit une armée égyptienne à Ascalon,
puis s'occupa activement de l'organisation de son royaume. Il mourut brusquement, un an après la
conquête, peut-être empoisonné par un musulman. Le royaume de Jérusalem fut donc confié à son
frère Baudouin. Cette première croisade va donner naissance à quatre principautés chrétiennes en
Terre Sainte créée sur le modèle féodal de l'Europe Occidentale. Ainsi, les 4 Etats Latins d'Orient sont
:

•Le comté d'Edesse, fondé par Baudouin

•La principauté d'Antioche, occupé par Bohémond

•Le comté de Tripoli, pris en 1109

•Le royaume de Jérusalem, offert à Godefroi de Bouillon

Les Etats Latins d'Orient

Les Etats francs se consolidèrent pour apparaître comme une véritable puissance régionale. La France
peut alors développer des échanges commerciaux avec d'autres ports de la Méditerranée.

La naissance des ordres de chevalerie

Pour défendre les États latins, des ordres de moines-soldats sont organisés en armée permanente : ainsi
les Hospitaliers, en 1113, et les Templiers, en 1118. Des forteresses sont érigées, tel le fameux krak
des Chevaliers en Syrie. Profitant de cette nouvelle communication avec l'Orient, le commerce
méditerranéen s'intensifie et devient florissant. L'ordre du Temple est né en Terre sainte, en 1119,
après la première Croisade, à l'initiative du chevalier champenois Hugues de Payns qui voulait
protéger les pèlerins se rendant à Jérusalem. Il a été officialisé par le concile de Troyes, neuf ans plus
tard à la demande de Bernard de Clairvaux. L'ordre tire son nom du temple de Salomon, à Jérusalem,
où il a installé son siège à ses débuts. L'ordre gagne en influence au cours des siècles et recrute dans
toute l'Europe. Il va défendre les puissances latines en Orient, isolés des forces occidentales.

Le phénomène Da Vinci Code

L'intrigue du best-seller "Da Vinci Code" se base sur les secrets, souvent contestés, du Prieuré de Sion.
Le roman explique que le Prieuré de Sion serait une société secrète fondée en 1099, après la première
croisade, par Godefroi de Bouillon. Ayant découvert un grave secret concernant sa famille, dissimulé
depuis l'époque du Christ, il chargea la société secrète de veiller sur ce secret et de le transmettre aux
générations ultérieures. D'après la légende Godefroi serait un héritier des Mérovingiens. Par cela
même, Godefroi serait un descendant du Christ et de Marie-Madeleine qui vint se réfugier en Gaule.
Pour beaucoup, les informations sur la descendance du Christ constituent le Saint-Graal,
habituellement représenté sous la forme du calice (vase sacré), immortalisé dans les contes de Chrétien
de Troyes. Le Prieuré est fortement lié à l'Ordre du Temple, Hugues de Payns, le fondateur des
Templiers serait également le premier grand maître du Prieuré de Sion. Le Prieuré existerait toujours,
et le mystère qui l'entoure pose bien des questions. Bien sûr, toutes les thèses de Brown sont à prendre
avec recul, car il s'agit d'un roman. Concernant le Prieuré, sa création remonterait seulement aux
années 50. (Ci-dessous : Le dernier repas du Christ, par Léonard de Vinci. Dan Brown y verrait Marie-
Madeleine à la droite de Jésus, pour d'autres, il s'agit de Saint-Jean.)

Sources et liens
•Encyclopédie Tout l'Univers (Hachette)

•http://pages.usherbrooke.ca/croisades/Byzance.htm

•http://perso.orange.fr/jean-francois.mangin/capetiens/capetiens_croisade.htm

•http://isiwww.insa-toulouse.fr/~jacobins/expocroisades/croisweb2/croispers.html#RAYMOND

•http://www.eleves.ens.fr/home/robin/histoire/medievale/croisades/11partie.html

•http://www.herodote.net/histoire11270.htm