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HGP9014 – Special Topics, 4 credits – elective

Bernd STEFANINK: HERMENEUTICS AND TRANSLATION/


HERMENEUTIQUE ET TRADUCTION.
„La traduction est une herméneutique en acte”
[Translation is materialized hermeneutics]

To prepare our seminar it would be useful for you to familiarize yourself with the text
below and provide me with a comment based on the knowledge you have already acquired on
a theoretical level. Or, to put it more simply: what do you think of this self-testimony formulated
by a translator who reflects on his translation of a poem? The text is extracted from a volume
in which Corsican translators, part of a group called "generation 70" which proposes to translate
French and Italian texts to Corsican for reasons of language policy: it is to demonstrate that the
Corsican language is provable to convey cultural contents worthy of the languages of great
circulation whose status of national language is not disputed.
They had been looking for theoretical support in their translational practice and were
totally disappointed with the theories of translation that they were confronted with, to the point
of becoming aggressive to any theory. So the group met in 2002 for a panel discussion in order
to define a common translating strategy and submitted the result of their exchange of reflections
to my evaluation. After a certain number of "exchanges" on translation (the Corsican title of
our joint publication - Baratti - means "exchanges") they were able to accept the hermeneutic
approach, as I conceive it, as theoretical framework of their translational activities1. This self-
testimony by translation practitioners is an excellent basis for discussion from which we will
draw an analysis of the theoretical needs of the translator. We will structure the course
accordingly, on the basis of this needs analysis.
If you could send me your comments already before the course it would allow me to
analyze hem and to discuss them. My e-mail: bstefanink@hotmail.com
Don’t hesitate to ask questions!

Pour préparer notre séminaire il serait opportun que vous vous familiarisiez avec le texte ci-
dessous et me fournissiez un commentaire à partir des connaissances que vous avez déjà acquises au
plan théorique. Ou, pour le formuler plus simplement : que pensez-vous de cet auto-témoignage formulé
par un traducteur qui réfléchit sur sa traduction d'un poème ? Le texte est extrait d'un volume dans
lequel des traducteurs corses, faisant partie d'un groupe nommé "génération 70" qui se propose de
traduire des textes français et italiens vers le corse pour des raisons de politique linguistique: il s'agit de
démontrer que la langue corse est susceptible de véhiculer des contenus culturels digne des langues de
grande circulation dont le statut de langue nationale n'est pas contesté.
Ils avaient été à la recherche d’un soutien théorique dans leur travail de traduction et ont été
totalement déçus des théories de la traduction avec lesquelles ils ont été confrontés, au point de devenir
agressif contre toute théorie. Aussi, le groupe s’est réuni en 2002 autour d’une table ronde pour définir
une stratégie traduisante commune et a soumis le résultat de leur échange de réflexions à mon évaluation.
Après un certain nombre d’« échanges » sur la traduction (le titre corse de notre publication commune -
Baratti – signifie « échanges » ils ont pu accepter l’approche herméneutique, telle que je la conçois,
comme cadre théorique de leur travail 1. Cet auto-témoignage de praticiens de la traduction constitue une
excellente base de discussion à partir de laquelle nous dégagerons une analyse des besoins d’ordre
théorique nécessaires au traducteur. Nous structurerons le cours sur la base de cette analyse des besoins.
Si vous pouviez m’envoyer vos commentaires déjà avant le cours cela me permettrait de les
analyser et de les discuter. bstefanink@hotmail.com N’hésitez pas à poser des questions !

1
Cf. notre long article exhaustif: „Une approche théorique pour la traduction poétique”, in Thiers (ed.) 2003,
Baratti [...], 25-76
« Le charme particulier de la traduction vient toujours de ce qui m’apparaît comme la difficulté en même
temps que l’enjeu d’une pratique pour moi exclusivement empirique. Celui-ci se manifeste lorsque je
relis la version corse que je viens d'achever d'un texte poétique. Cette impression provient souvent du
constat d'un écart irréductible entre l'expression dans le texte-source et celle qui intuitivement s'est
imposée à moi, dans ma langue. C'est précisément la conscience de cet écart qui me satisfait. Une
trahison involontaire d'abord, mais assumée par la suite dans l’absence de tout repentir, voire avec le
sentiment d’une illumination. Ou d’une trouvaille, si l’on veut faire moins exalté. La relecture
recommencée me conforte dans cette délicieuse erreur. Quelque chose comme la conscience d'un forfait
réussi. Une illusion sans doute, mais comme elle donne envie de récidiver! Au prix de ce plaisir-là, la
fidélité serait bien ennuyeuse. C’est pourquoi je me sens à la fois complètement désarmé et
irrésistiblement attiré par la pratique de traduction. » (Thiers 2003: 362)

Thiers, Ghjacumu (2003): “L’écart parfait” [The Perfect Gap], in: Ghjacumu Thiers (éd.)
(2003) : Baratti.Commentaires et réflexions sur la traduction de la poésie. [Isule
literarie. Des îles littéraires]. Ajaccio: Albiana, 363-372.

My translation:
The particular charm of translation always comes from what appears to me as the difficulty
and at the same time as the challenge of a practice I see as exclusively empirical. It manifests
itself, for example, when I read the Corsican version of a poetic text I have just finished. This
impression often comes from the irreductable gap which I feel between the expression in the
source text and that which is intuitively imposed on me by my first language. It is precisely
the consciousness of this gap that satisfies me. A betrayal, at first involuntary, but which is
later assumed not only in a total absence of any repentance, but even, so to speak, with a
feeling of enlightenment or, if you prefer a less exalted term, that of a “trouvaille”. Every new
re-reading confirms my choice in this delightful error. We might consider it something like
the awareness of a well performed crime. An illusion maybe, but it makes us so eager to re-
offend! At the price of this pleasure, fidelity would be very much boring. This is why I feel
both completely disarmed and irresistibly attracted by the practice of translation. (Thiers
2003:362; bold in the original text).

Questions:
- Have you ever had Thiers’ feelings when translating?
- Can you find expressions in this text which show Thiers’ feelings about his translation
and which might be integrated into the framework of translational theories.
- What global statement would you give about this text? Please comment!