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Généralités sur la Science


Economique

Fatiha Regragui
Oeuvre publiée sous licence Creative Commons by-nc-nd 3.0
En lecture libre sur Atramenta.net

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Chapitre 2 : La mesure de l’activité économique

Introduction générale

La science économique s’intéresse à la recherche et l’analyse des


mécanismes qui lient plusieurs phénomènes tels que les mécanismes
de la production, de la répartition du revenu et de la dépense dans le
cadre du système économique.
Toute production donne lieu à une distribution du revenu aux
agents qu’ils l’ont réalisé sous forme de salaires pour les ouvriers,
d’intérêts pour les capitalistes et de profits pour les entrepreneurs.
Ces revenus vont faire ensuite l’objet d’une dépense qui sera
destinée à la production.
Il y a donc des mécanismes qui transforment la production en
revenu, les revenus en dépenses et les dépenses en production.
La science économique s’attache à définir l’articulation de ces
mécanismes et à mettre en relief leurs conséquences.
On peut définir la science économique à un niveau supérieur

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comme la recherche des principes qui expliquent l’évolution du
système économique, c’est-à-dire mettre en relief les institutions
juridiques et sociales qui conditionnent la nature de fonctionnement
de ce système et donc le régime de propriété des moyens de
production : privé, public ou mixte.
L’économie comme toute science est fondée sur l’analyse du réel
tout en élaborant des hypothèses testées grâce aux modèles qui après
validité font l’objet de réalisation de la politique économique.
Deux types d’analyse sont à réaliser : l’analyse macro-
économique qui observe l’ensemble en tant que globalité et l’analyse
micro-économique qui s’intéresse à une partie de l’ensemble.
L’analyse peut focaliser l’entreprise ou le consommateur dans ce
cadre, alors que l’analyse macro-économique traite le problème
global tels que le chômage et l’inflation et permet par là de réduire le
nombre de variables.
L‘équilibre recherché est l’équilibre entre l’offre et la demande,
par contre la micro-économie observe le comportement des agents
économiques pris individuellement et étudie la manière de rendre
leur comportement optimal.

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Chapitre 1 Les concepts fondamentaux

Chaque discipline scientifique dispose d’un langage spécifique et


des concepts qui lui sont propres : c’est le cas même de la science
économique.

Section 1 Les concepts de base

1- Le besoin
Le besoin est l’élément moteur de l’activité économique. Au sens
commun du terme, il signifie la nécessité à la nature et à la vie
sociale. Il peut avoir un contenu objectif et subjectif.
Le contenu objectif : exprime le besoin physique et culturel lié à
la collectivité.
Le contenu subjectif est lié à la personne elle-même.
2- La rareté
Les besoins de l’homme se multiplient, alors que les moyens pour
les satisfaire restent limités d’où la rareté.
L’homme est en effet, limité par la force physique, par son savoir,
par le temps ….à tel point de définir la science économique la
stratégie de lutte contre la rareté (J.Austry).
Or prendre conscience de la rareté des biens et de leur utilité, c’est
leur donner une considération et donc une valeur.
3-La valeur
C’est le résultat du besoin et de la rareté, elle précède tout acte
d’échange puisqu ‘elle est à l’origine d’une valeur d’usage, c’est-à-
dire d’une considération accordée au bien en fonction de l’utilisation

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directe dont il va faire l’objet et d’une valeur d’échange sur le
marché contre un autre bien.
L’évaluation de la valeur est différente selon les courants
théoriques. C’est le travail chez le courant islamique, classique et
marxiste (Notion objective).
Alors que la notion subjective existe chez les marginalistes où la
valeur signifie l’utilité d’usage d’un bien, sa fonction et donc le désir
de son acquisition.
La réalisation d’un bien donne lieu à des activités économiques
fondamentales : la production, la répartition et l’utilisation.
a) La production : C’est l’acte de modifier les choses pour les
rendre aptes à satisfaire nos besoins.
Elle consiste aussi à déplacer le bien qui est soit naturel (bien de
consommation) ou un bien de production, soit matériel ou immatériel
(services), substituable quand il procure la même satisfaction ou
complémentaire quand il est nécessaire de réunir les biens ensemble,
durable ou non durable.
b) La répartition :

Production Revenu :
Salaire /Travailleur (travail payé)
Intérêt/Banquier (travail payé)
Profit/ Entrepreneur (travail non payé)
Rente/ Propriétaire (plus value)
La circulation des biens et services donne l’occasion à la
circulation de la contrepartie monétaire.
Les revenus distribués sont ensuite dépensés. La
comptabilité nationale montre un circuit économique de passage d’un
produit national à un revenu national et puis à une dépense nationale.

Revenus (flux monétaires)


EntrepriseMénages
Production (flux réels)

Dépense
c) L’utilisation : C‘est la consommation d’où surgissent trois

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usages.
-L’investissement : l’acquisition des moyens de production
(FBCF)
-Thésaurisation : Détention improductive de la valeur (bloquer
l’argent sans intérêt)
-Placement
Section 2 Les instruments d’analyse

1-Les notions d’hypothèse, de théorie et de loi :


On parle d’hypothèse, de théorie et de loi selon le degré de
confiance qu’on accorde à telle ou telle idée.
L’hypothèse est une proposition admise provisoirement avant
d’être soumise au contrôle de l’expérience.
Une fois vérifiée avec succès ou avec quelque doute, elle devient
théorie, c’est-à-dire elle forme un ensemble d’idées ayant la faculté
de prévoir avec précision.
Si la théorie se voit valable, elle devient une loi économique.
2-Notion de structure et de régime économique
L’analyse du processus de croissance économique au niveau de
l’entreprise ou de la nation passe par une observation des structures
relatives au système et au type d’organisation.
La structure économique est à l’origine de la détermination du
système ou du régime économique. Elle correspond à une
combinaison des éléments de l’ensemble.
Exemple : On peut parler d’une structure économique
décentralisée, c’est-à-dire une organisation économique caractérisée
par plusieurs centres de décision.
Le système économique est définie par le mode de propriétés
dominant l’espace économique, il englobe l’ensemble des conditions
juridiques et techniques qui président l’organisation économique.
C’est donc un ensemble de structure.
Le régime économique définie les règles légales applicables aux
activités économiques.
Le système économique a un caractère abstrait alors que le régime
a un caractère concret.

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Section 3 Les concepts d’intervention économique

La politique économique : exprime l’aspect pratique de la


discipline.
Les activités économiques dans ce cadre peuvent se manifester à
travers des mesures ayant une finalité.
La planification : La façon d’organiser le développement
économique à partir d’une structure cohérente.
Elle peut se situer au niveau de l’entreprise ou de la nation.
La régulation économique : Des mesures partielles consistent à
ajuster les grandeurs économiques ayant des effets conjoncturels à
court terme.
Exemple : La hausse des taux d’intérêt pour limiter la masse
monétaire en circulation.

Section 4 La finalité

L’objectif de toute gestion économique est d’assurer le bien être


de l’individu et donc assurer l’expansion, la croissance et le
développement.
L’expansion : se situe dans le court terme et signifie
l’augmentation de l’activité économique traduite par l’accroissement
des indicateurs quantitatifs.
Exemple : Le revenu national, consommation, investissement…..
Toutefois, les gains d’expansion peuvent être annulés par une
phase de récession.
La croissance : Se situe dans le long terme et se définie par un
accroissement durable des indicateurs quantitatifs.
Elle a une influence sur les structures économiques et sociales
traduite par trois indicateurs :
Le revenu national réel moyen/tête= Revenu global
Propriété globale
Le produit national réel moyen /tête
La consommation nationale réelle moyenne /tête
La notion de croissance reste insuffisante à traduire tous les
éléments qui participent à l’évolution de la société d’où la notion de

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développement.
Le développement : Processus à long terme qui touche tous les
secteurs d’activités et entraîne des mutations structurelles profondes.
Ici l’aspect qualitatif est dominant.
Le sous développement : C’est un retard par rapport à un modèle
de développement (caractère comparatif et non descriptif)
Il est expliqué encore par des facteurs endogènes (blocage
structurel) et exogènes (dépendance vis-à-vis de l’étranger).

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Chapitre 2 La mesure de l’activité économique

Section 1 Le cadre général : la comptabilité nationale


marocaine

La comptabilité nationale offre les informations chiffrées des


opérations effectuées par les agents économiques, ces informations
sont classées selon un cadre comptable simplifié qui tourne autour
d’une grandeur principale : le PIB.

I- Les caractéristiques générales du PIB

1- La production marchande et non marchande

La production ou la richesse annuelle désignée par le PIB est


formée de deux éléments :
La production marchande : il s’agit des biens et services destinés à
la vente sur le marché à un prix qui couvre au moins le prix de la
production (production des entreprises et des banques).
La production non marchande : il s’agit des biens et services
fournis gratuitement ou quasi gratuitement (production des
associations, des administrations publiques et privées, des
domestiques et des ménages).

PIB=P° marchande +P° non marchande

Vu la difficulté de mesure de la production non marchande des

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entreprises et des domestiques, la comptabilité nationale marocaine
ne tient en compte que la production non marchande des
administrations publiques.

PIB = P° marchande + P° des administrations publiques

L’autoconsommation qui est la consommation des biens et


services par les producteurs est importante dans le secteur
d’agriculture (secteur primaire). Toutefois, elle n’est pas mesurée,
mais seulement estimée et intégrée dans la production marchande.
L’évaluation du PIB peut se faire en prix courant ou sans tenir
compte de l’inflation en prix constant par référence à une année de
base.
L’évaluation du PIB au prix du marché de l’année 1980 a été la
suivante en 1994 :

2-Le PNB : Le produit national brut

Si on ajoute au PIB les revenus nets extérieurs (revenus versés-


revenus reçus), on obtient le PNB.
PNB= PIB+ Revenus extérieurs nets

En 1994(au prix courant), le PNB = 288 407 millions de dirhams


= 279 296+ 9111

II- La Production totale et la valeur ajoutée

Exemple d’illustration :

Supposons qu’une entreprise de tapisserie a un cycle de


production schématisé ainsi :
Achat de laine → coloration → tapisserie
Les tapis sont vendus à 600.000 DHS, la valeur créée par

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l’entreprise durant une année est de 600.000 DHS.
Achat de laine à 300.000 DHS → Vente de laine brute à
400.000 DHS → Vente de Tapis à 600.000 DHS.
La valeur totale réalisée par les trois entreprises = 300.000+
400.000+600.000= 1300.000 DHS.
La valeur réellement réalisée par l’entreprise de tapis est 600.000-
400.000=200.000 DHS.
Ou 600.000-(300.000+100.000)= 200.000 DHS.

La valeur ajoutée= P° totale – Toutes les consommations


intermédiaires

L’évaluation du coût ou prix pose un problème de mesure


d’inflation. Ainsi, cette évaluation doit tenir compte de l’évolution du
coût de la vie à partir d’un indice de prix de détail, basé sur 8
catégories socio-économiques regroupant 385 articles et ayant pour
base l’année 1989 repartis dans les 11 plus grandes villes du pays. En
1994, l’indice général du coût de la vie était de 135, 1 en moyenne.
Les biens retenus sont l’alimentation, l’habillement, l’habitat,
l’équipement ménager, les soins médicaux , le transport et
communication, les loisirs et culture et autres biens et services.

Section 2 La prévision économique

C’est une discipline ayant pour but de prévoir à l’avance les


variations qui peuvent affecter la production, la vente, le prix, la
consommation ……
A court terme (entre un mois et un an) : la prévision est
saisonnière
A moyen terme (entre 2 ans et 5 ans) : la prévision est cyclique
A long terme (plus de 5 ans) : la prévision dépasse l’aspect
cyclique.
L’instrument mathématique est un moyen fondamental de
prévision. Toutefois, des marges d’erreurs sont possibles.
Exemple : La production (Y) dépend de deux facteurs : le capital
K et le travail L.

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Y= f (K, L)
Si les rendements des deux fonctions sont constants, on aboutit à
une fonction de type de Cobb Douglas.
Y= A K £ L 1-£
A : coefficient de dimension représentant l’économie
£ : Un nombre entier positif compris entre 0 et 1
1000= 3 K 0,33 L 0,66
Si la P° = 1000 tonnes, on peut prévoir la quantité de K et de L à
partir de cette fonction.

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FIN

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