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Traitements physico-

chimiques des eauxUsées

Cours présenté par Mr ZOUHRI

1
L’assainissement des eaux usées est une étape
décisive pour préserver notre environnement.
C’est le traitement des eaux usées qui permet de
maintenir la qualité de notre environnement et des
nombreuses activités liées à l’eau comme le tourisme, la
pisciculture, l’agriculture, l’industrie…
La collecte des eaux usées à travers un réseau
d’assainissement est la première étape. Les eaux sont
acheminées vers une usine de traitement des eaux usées
(une station d’épuration) où elles sont dépolluées.

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Une fois débarrassée des différents polluants,
l’eau épurée va être rejetée dans le milieu
naturel.
Le rejet est contrôlé par des organismes
publics. Il doit être conforme à la
réglementation.
Les boues que l’on obtient à l’issue du
traitement vont être recyclées en agriculture
comme engrais pour les terres cultivables,
détruites par incinération ou mises en décharge.

3
Assainissement
L'assainissement consiste à collecter et traiter
(épuration) des eaux usées avant leur rejet dans
les rivières ou et océans dans le sol. Afin
d'assainir des eaux usées, on peut combiner
des traitements

Biologique et /ou Physico-chimique

4
EPURATION
L'épuration des eaux est un ensemble de
techniques qui consistent à purifier l‘eau soit
pour recycler les eaux usées dans le milieu
naturel, soit pour transformer les eaux
naturelles en eau potable.
Il existe deux techniques principales d'épuration des
eaux, s'appliquant tant au traitement des eaux usées
qu'à la production d'eau potable. Les techniques
physico-chimiques sont par ailleurs essentiellement
réservées à l'eau potable

5
* Les traitements biologiques ont pour objectif
de détruire les composés organiques contenus
dans l'eau.
On distingue 2 types de traitements :
* Traitement aérobie
* Traitement anaérobie
L'aération est nécessaire pour apporter de
l'oxygène à l'effluent à traiter.

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La dégradation biologique à réaliser est
caractérisée par l’intérêt de réduire la Demande
Biologique en Oxygène DBO.

Dans les systèmes aérobies, l'eau est aérée avec


de l'air comprimé (dans certain cas avec de
l’oxygène).
Pour Les systèmes anaérobies
fonctionnent en l'absence d'oxygène.

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Les filières biologiques font appel aux micro-
organismes naturellement présents dans le milieu
naturel pour dégrader la pollution.
Elles imitent les propriétés d'épuration des sols (filtres
exp, filtres à sable) ou des rivières (lagunage, boues
activées). L'apport d'oxygène peut être naturel (le vent
ou système de cascade) dans les petites installations de
lagunage, ou artificiel (turbine ou diffusion de
microbulles) dans les stations d'épuration de type
"boues activées".
Les bactéries peuvent être libres (boue activée,
lagunage) ou fixées (lit bactérien, filtres plantés, filtres
à sable, bio-filtre) ou encore biodisques.
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Le lagunage est un procédé d'épuration
naturelle qui a pour principe d'utiliser la
végétation aquatique comme agent épurateur
des eaux polluées.
Les plantes aquatiques sont ici utilisées
comme support aux colonies bactériennes,
assurant l'épuration efficace de l'eau qui
traverse lentement les colonies végétales
installées.
Les éléments polluants comme le nitrate
et le phosphore sont ainsi absorbés par les
plantes pour restituer, en sortie de lagunage,
une eau de bonne qualité. (déseutrophisation)
9
L'épuration par boues activées consiste à
mettre en contact les eaux usées avec un mélange
riche en bactéries par brassage (mélange) pour
dégrader la matière organique en suspension ou
dissoute.

Il y a une aération importante pour permettre


l‘activité des bactéries et la dégradation de ces
matières, suivie d'une décantation à partir de
laquelle on renvoie les boues riches en bactéries vers
le bassin d'aération.
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Techniquement on peut citer quatre principales
utilisation spécifiques du procédé à boues
activées:

* Elimination de la pollution carbonée (matières


organiques)
* Elimination de la pollution azotée
* Elimination biologique du Phosphore
* Stabilisation des boues: procédé dit d'éaration
prolongée" ou "digestion aérobie"

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La DBO, Demande Biochimique en Oxygène,
représente le besoin en oxygène d'une eau pour assurer
la dégradation biochimique des matières organiques. Si
la DBO est trop élevée, cela peut aboutir à une
désoxygénation de l'eau.

La DCO, Demande Chimique en Oxygène, représente


la quantité d’oxygène nécessaire à l'oxydation de
l'ensemble des matières organiques et minérales
contenues dans l'eau, par oxydoréduction.
Ce paramètre est représentatif de la pollution organique
et chimique.

12
* Les traitements physico-chimiques
ont pour objectif la séparation des
particules solides, des huiles, des
acides gras... lors du traitement des
eaux usées ou résiduaires.
Le traitement physico-chimique peut être défini
comme l’ensemble des réactions chimiques visant à
transformer les substances polluantes solubles dans
l’eau, en précipités, en solides stables ou en substances
qui ne gênent pas à la composition de l’eau.

13
Le traitement physico-chimique de l'eau est
souvent une étape intermédiaire, suivie la
plupart du temps par un traitement
biologique
Dans ce genre de traitement, les filières et les
techniques suivantes peuvent être utilisées :

14
Les filières physico-chimiques

Les filières physico-chimiques utilisent des


moyens physiques (décantation, flottation, filtres et
membranes) et/ou des produits chimiques, notamment
des coagulants (Chlorure ferrique, Sulfate
d'aluminium…) et des floculants.
On les utilise pour certains effluents industriels
(toxiques) ou lorsque l'on doit gérer des variations
rapides des flux à traiter.
Actuellement les technologies des membranes de
microfiltration et nanofiltration sont encore réservées à
la potabilisation de l'eau.
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FILIÈRES DE TRAITEMENT PHYSICO- CHIMIQUE
(eaux potables)

 captage et tamisage.
 Clarification
 Désinfection
 Décantation
 Filtration
 Déchloration
 Ozonation
 Post chloration

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Techniques de traitement physico-chimiques
- Filtration
- Coagulation et floculation
-Flottation
- Centrifugation
-Précipitation
- Décantation
- Oxydation
- Désinfection
- Neutralisation
- Electrolyse

17
Traitement
des
eaux usées
18
1-Définitions :
*Les eaux usées sont les eaux arrivant dans les
canalisations d’eaux usées dont les propriétés
naturelles sont transformées par les utilisations
domestiques, industrielles, par les entreprises,
l’usage agricole et autres.
Les eaux de pluie s’écoulant dans les
canalisations sont aussi introduites dans cette
catégorie

* Les eaux usées sont toutes les eaux qui ont un


risque à contaminer les milieux dans lesquelles
elles seront déversées.
19
2. Origine et composition des eaux usées :
Suivant l’origine des polluants on distingue 4 catégories
d’eaux usées :

2.1.Les eaux usées domestiques :


* Proviennent de différents usages domestiques
essentiellement chargées de pollution organique.
* Se divisent en eaux ménagères, qui ont pour origine :
- Les salles de bains et les cuisines, généralement
chargées de détergents, de graisses, de solvants, de
débris organiques, etc.
- Eaux de vannes ; il s'agit des rejets des toilettes,
chargés de diverses matières organiques azotées et de
germes fécaux. 20
2.2.Les eaux usées industrielles (effluents , rejets
liquides) :
Sont très différentes des eaux usées domestiques.
• Leurs caractéristiques varient selon l’industrie.
• En plus de matières organiques, azotées ou
phosphorées, elles peuvent également contenir :

• Des graisses (industries agroalimentaires);


• Des hydrocarbures (raffineries);
• Des métaux (traitements de surface, métallurgie,
hydrométallurgie… );
• Des acides, des bases et produits chimiques divers
(industries chimiques divers, tanneries); 21
• De l’eau chaude (circuit de refroidissement des
centrales thermiques);

• Des matières radioactives (centrales nucléaires,


traitement des déchets radioactifs).

Dans certains cas, avant d'être rejetées dans les


réseaux de collecte, les eaux industrielles doivent
faire l'objet d'un prétraitement de la part des
industriels.

22
2.3.Les eaux usées agricoles :

L’agriculture est une source de pollution des eaux, elle


apporte les engrais et les pesticides. Elle est la cause
essentielle des pollutions diffuses.
Les épandages d’engrais nitratés et phosphatés sous
une forme ou en quantité qui ne seraient pas retenus
par le sol et assimilés par les plantes conduisent à un
enrichissement en matières azotées ou phosphatées
des nappes les plus superficielles et des eaux des cours
d’eau ou des retenues.

23
2.4.Les eaux pluviales :

Elles peuvent, elles aussi, constituer une source de


pollutions importantes des cours d'eau, notamment
pendant les périodes orageuses.
L'eau de pluie se charge d'impuretés au contact de
l'air (fumées industrielles), puis, en ruisselant, des
résidus déposés sur les toits et les chaussées des villes
(huiles de vidange, carburants, résidus de pneus et
métaux lourds...)
Dans les zones urbaines, les surfaces construites
rendent les sols imperméables et ajoutent le risque
d'inondation à celui de la pollution.
24
Dont le but de respecter les différents milieux
récepteurs, des traitements sont réalisés sur ces
effluents.
Ces traitements peuvent être réalisés de manière
collective dans une station d’épuration ou de manière
individuelle.
Toutes les stations d'épuration fonctionnent selon les
mêmes processus de base, mais des différences plus ou
moins importantes peuvent exister dans la manière de
mettre en place ces processus. Le traitement se divise
généralement en plusieurs étapes:

25
Les filières physico-chimiques
Les filières physico-chimiques utilisent des
moyens physiques (décantation, flottation, filtres
et membranes…) et/ou des produits chimiques,
notamment des coagulants (Chlorure ferrique,
Sulfate d'aluminium…) et des floculants.

26
Schéma d'une station d'épuration 27
Quel que soit le procédé de traitement
utilisé, un prétraitement s'avère
toujours indispensable.
Ces prétraitements constituent une
première étape pour un traitement
ultérieur (biologique ou physico–
chimique) efficace.

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Prétraitements physiques
- Tamisage

- Séparation de graisses par flottation


-Traitement biologique des graisses
- Régulation de débit
- neutralisation
-refroidissement

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I- Prétraitement

Le prétraitement consiste en trois étapes principales


qui permettent de supprimer de l'eau les éléments qui
gêneront les phases suivantes de traitement.
- Dégrillage
- Dessablage
- Déshuilage
Toutes les stations d'épuration ne sont pas forcément
équipées des trois étapes, seul le dégrillage est
généralisé.
30
Les techniques de prétraitements :

Le dégrillage : consiste à faire passer les eaux usées au travers


d'une grille (il en existe plusieurs types) dont les barreaux plus
ou moins espacées, retiennent les éléments les plus grossiers. Le
tamisage utilisant des grilles de plus faible espacement peut
compléter ce prétraitement.
Le dessablage : consiste à faire passer l'eau dans des bassins où
se déposent les sables et les particules minérales plus ou moins
fines, de façon à éviter les dépôts dans les conduites et à protéger
les pompes.
Le déshuilage – Dégraissage : consiste à extraire des eaux usées,
les graisses et les huiles.

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I-1 Dégrillage

Le dégrillage permet de retirer de l'eau les gros déchets


tels que les branches, les bouteilles en plastiques…
Pour réaliser cette opération, l'effluent passe à travers
une ou plusieurs grilles dont les mailles sont de plus en
plus serrées. Les grilles sont en général équipées de
systèmes automatiques de nettoyage pour éviter leur
colmatage.

Le dégrilleur : destiné à retenir les matières


volumineuses et déchets de toutes sortes contenus dans
les eaux usées. Il est situé généralement en amont d'une
filière de traitement des eaux usées .
32
I-2 Dessablage

Le dessablage permet par décantation de retirer les


sables des eaux de ruissellement (phénomène d'écoulement des
eaux à la surface des sols) ou amené par l’érosion des
canalisations.
Ce matériau s'il n'était pas enlevé pourrait se déposer
plus loin et gêner le fonctionnement de la station, ou
provoquer une usure des éléments mécaniques comme
les pompes.
Les sables extraits peuvent être lavés avant d'être mis
en décharge afin d'éviter que le pourcentage de
matières organiques ne soit trop élevé, sa dégradation
lente provoque des odeurs.
33
Dessablage : les matières minérales
grossières en suspension dans l’eau (sables,
gravillons, etc.) sont piégées dans un
ouvrage par décantation de celles-ci. Elles
sont ensuite récupérées par un râteau
mécanique qui pousse les particules dans un
container d’évacuation. Le sable récupéré
peut être utilisé pour divers travaux de
construction.

34
I-3 Déshuilage
Cette opération se fait par écumage des graisses. La
flottation des huiles permet leur suppression de
l'effluent par simple écumage. Il est important de
limiter au maximum la quantité de graisse dans les
ouvrages en aval pour éviter par exemple des difficultés
de décantation ou des perturbation des échanges
gazeux, de l'oxygénation en particulier.
Le dessablage et le déshuilage se réalisent le plus
souvent dans un même ouvrage. Les sables décantent au
fond de celui-ci tandis que les graisses remontent en
surface.

35
36
II - Traitement primaire

En épuration des eaux usées le traitement primaire est


une simple décantation qui permet de supprimer la
majeure partie des matières en suspension.
Ce sont ces matières qui sont responsables du trouble
des eaux usées.
L'opération est réalisée dans des bassins de décantation
dont la taille dépend du type d'installation et du volume
d'eau à traiter.
De la même manière, le temps de séjour des effluents
dans ce bassin dépend de la quantité de matière à
éliminer et de la capacité de l'installation à les éliminer.

37
La décantation
On fait rassemblé les différentes petites
particules en de beaucoup plus grosse puis on
fait décanter tout ceci.
Dans un système d'eau stagnante les particules
en suspension plus lourdes que l'eau sont
soumises à leur poids apparent (poids réel
moins poussée d'Archimède). Elles chutent
lentement pour s'accumuler sur le fond : c'est la
décantation. Leur vitesse de chute obéit à la loi
de Stokes :
38
La décantabilité des matières dans un bassin est déterminée
par l’indice de Mohlman.

L’indice est déterminé chaque jour dans les stations


d'épuration importantes afin de vérifier le bon fonctionnement
du système.
la décantation permis de supprimer environ 60% des MES,
environ 30% de la DBO et 30% de la DCO. Cette part de DBO
supprimée était induite par les matières en suspension. Une
charge organique est restée dans le milieu .
Les matières supprimées forment au fond du décanteur un lit
de boues appelé boues primaires.

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Indice de MOHLMAN
C’est l’indice de décantation des boues. Cet indice définit (en
ml) le volume de boue activée décanté en 1/2 heure par
rapport à la masse de résidu sec de cette boue (en g de
matières)
L'indice caractérise la facilité à la décantation des boues
biologiques.
L'indice est égal au rapport entre volume et poids de boues :
IB =(V/M)
avec : V = Volume de boues après 30 min de décantation (ml)
M = MES présentes dans ce volume (g)

40
Une suspension se compose :
• D'un liquide dans lequel les particules baignent :
masse volumique r1 et viscosité µ

De particules solides en suspension : masse volumique r2


et de diamètre apparent (on assimile la particule à une
sphère) D.
Ces particules sont donc soumises à une force Fr
résultante, dépend
• Du poids : P = m.g = V.r2.g
• Force d'Archimède : Fa = V.r1.g
avec V le volume d'une particule: Fr = V(r2-r1)*g.
41
Les particules se mettent en mouvement (elles subissent
une accélération). À mesure que la vitesse augmente,
une nouvelle force appelée «traînée» et notée Ff
apparaît. Elle s'oppose au mouvement.
Lorsque Fr + Ff = 0, la vitesse se stabilise : c'est la
vitesse de sédimentation Vs.
La loi de Stokes donne cette vitesse Vs et soit :
• D le diamètre apparent de la particule en décantation,
3
(son volume V est 1/6 D )
• µ : viscosité du fluide
• g : accélération de la pesanteur
42
Vs = 2 /9 . [( r1 - r2 ).g *D² ] / µ
Le terme : 2 /9 . [( r1 - r2 ). g ] / µ est constant: c'est la
constante de Stokes notée C.
La formule peut donc plus simplement s'écrire
Vs = C . D²
La loi de Stokes est valide pour des particules
sphériques dont la taille n'excède pas 0,1 mm. En
première approximation, elle est appliquée à toute
particule sédimentaire de petite taille (sable fin, limon,
argile).
43
III - Coagulation – Floculation

principalement les particules très petites, dites


particules colloïdales qui peuvent rester en
suspension dans l'eau durant de très longues
périodes, peuvent même traverser un filtre très
fin.
Par ailleurs, du fait de leur grande stabilité, elles
n'ont pas tendance à s'accrocher les unes aux
autres.

44
Les colloïdes sont des particules de très faible
diamètre notamment responsables de la couleur
et de la turbidité de l'eau de surface.
Caractéristiques et origines des colloïdes:

• Les colloïdes présentent un diamètre compris entre 1


µm à 1 nm.
• Les colloïdes présentent des propriétés d'adsorption
des ions présents dans l'eau. Ceci explique la présence
de charges électroniques à leur surface,
• Les colloïdes sont si stables lors de leur mise en
solution à cause de charges qui engendrant des forces
de répulsions intercolloïdales.
45
Origine des colloïdes

Les espèces colloïdales qu'on rencontre dans une eau


brute ou une eau résiduaire comprennent de l'argile,
de la silice, du fer et autres métaux lourds et des solides
organiques tels que des détritus d'organismes morts.
Elles ont une taille inférieure à 1 micron.
D'après la loi de Stokes en régime laminaire, leur
vitesse de décantation est très faible :

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En régime laminaire la vitesse de décantation
de la particule est V0
V0 = g/18µ(r2-r1)d²

µ: viscosité dynamique
r2, rl : masses volumiques de la particule et du
fluide
d : diamètre de la particule

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Diamètre des
Temps de
Type particules
décantation
(micromètre)

Gravier 10 000 1s
Sables grossiers 1 000 10 s
Sables fins 100 2 min
Argile 10 2h
Bactéries 1 8j
Colloïdes 0,1 à 0,001 2 à 200 ans

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Diamètre du En micron Temps de
colloïde en décantation pour 1 m
mm d'eau à 20°C

10-4 0,1 2 ans


10-5 0,01 20 ans
10-6 0,001 200 ans

Les colloïdes sont donc des particules impossibles à


décanter naturellement. Même si l'on a affaire à des
particules pas franchement colloïdales.

49
En raison de leur très faible vitesse de
sédimentation la seule solution pour
éliminer les colloïdes est de procéder à une

Coagulation-Floculation.

50
La coagulation a pour but principal de
déstabiliser les particules en suspension, en
éliminant la charge électrostatique de manière à
ensuite favoriser leur rencontre. c'est-à-dire de
faciliter leur agglomération.
En pratique, ce procédé est caractérisé par l'injection et
la dispersion de produits chimiques.

La floculation a pour but de favoriser, à l'aide d'un


mélange lent, les contacts entre les particules
déstabilisées. Ces particules s'agglutinent (s'agglomèrent)
pour former un floc qu'on pourra facilement éliminer
par décantation.
51
Dans l'eau brute, les colloïdes sont
généralement chargés négativement et se
repoussent mutuellement.

Afin de neutraliser cette charge superficielle


négative, on ajoute des cations qui forment une
couche autour du colloïde favorisant le
rapprochement des particules. C'est la
coagulation.

52
Réactifs utilisés : donneurs de cations
Les principaux coagulants utilisés pour déstabiliser
les particules et produire des flocs sont :

• le sulfate d'aluminium Al2(SO4)3,18 H2O


• le chlorure ferrique FeCl3, 6 H2O
• le sulfate ferrique Fe2(SO4)3, 9 H2O
• le sulfate ferreux FeSO4, 7 H2O.
• l'aluminate de sodium NaAlO2

53
Structure des colloïdes
Distribution ionique autour d'une particule colloïdale

Dans une eau de surface, les colloïdes portent


des charges négatives situées à leur surface.
Ces charges négatives attirent les ions positifs en
solution dans l'eau. Ceux-ci sont étroitement
collés au colloïde et forment la couche liée ou de
STERN, qui attire à son tour des anions
accompagnés d'une faible quantité des cations :
c'est la couche diffuse ou de GOUY.
54
Il y a donc formation d'une double
couche ionique, l'une accompagnant la
particule lors de ces déplacements,
l'autre se déplaçant indépendamment
ou avec un certain retard.

55
56
Distribution ionique autour d'une particule colloïdale

57
58
Au centre : l'ion colloïdal.

A l'extérieur : les ions libres de charge électrique


équivalente et de signe contraire à celle de l'ion
colloïdal et formant deux couches :
• Ions de parois (couche de Stern) indissolubles
de l'ion colloïdal qui présentent une charge
toujours inférieure à celle de l'ion colloïdal (le
niveau énergétique à cette distance est
caractérisé par le potentiel Zêta),

59
• Ions complémentaires (couche de Gouy)
formant une couche diffuse à une plus grande
distance de l'ion colloïdal, en équilibre avec le
solvant, présentant un appauvrissement
progressif en ions de signe contraire à celui de
l'ion colloïdal, accompagné d'un
enrichissement correspondant en ions de
l'autre signe.

60
Pour annuler le potentiel zêta, on peut :
• Ajuster le pH pour atteindre le point de charge
nulle des particules colloïdales
• Augmenter la salinité pour comprimer la
couche diffuse
• Neutraliser la charge de surface par des cations
polyvalents
• Piéger les colloïdes dans des précipités
• Adsorber les colloïdes sur des polymères
chargés à longue chaîne.
61
La valeur du potentiel à la surface de la
couche de NERNST est appelé potentiel zêta.
Les colloïdes étant chargés négativement, ce
potentiel est négatif. C'est pourquoi, les
colloïdes sont très stables et inhibent (empêchent)
toute agglomération.
Dans les eaux naturelles, sa valeur varie de -30
à -35 mV. Les particules de potentiel zêta
négatif se repoussent très fortement.

62
Il existe entre ces deux couches un potentiel
électrostatique (ou de NERNST) , qui varie en
fonction de la distance par rapport à la surface
du colloïde.
Dans la couche liée, le potentiel de NERNST
décroît linéairement car les cations constitutifs
sont empilés uniformément. En revanche, dans la
couche de GOUY, le potentiel électrostatique
varie de manière non linéaire, étant donné que la
répartition ionique résulte d'un mélange
aléatoire de cations et d'anions.
63
* Le potentiel zêta mesure l'importance de la
répulsion ou de l'attraction entre les
particules.
* Il donne une description détaillée du
mécanisme de la dispersion et constitue un
élément essentiel dans le contrôle de la
dispersion électrostatique.
* La mesure du potentiel zêta est un
paramètre extrêmement important dans un
grand nombre de secteurs, notamment, les
céramiques, la pharmacie, la médecine, le
traitement des minéraux et le traitement des
eaux ainsi que les boissons en général.
64
La coagulation - floculation est un
traitement physico-chimique qui,
par addition d'un réactif ou par
application d'un champ électrique
dans le mélange à traiter,
déstabilise les matières fines en
suspension en diminuant les forces
de répulsion électrostatique.

65
Système Jar-test
66
Principe du Jar-test
L'expérience se déroule selon trois phases
successives :
- Coagulation : période courte pendant laquelle
une vitesse élevée est imposée afin que les
colloïdes chargés négativement soient
déstabilisés par l'ajout de coagulant.
- Floculation : période plus longue avec une
vitesse modérée pour que les particules
déstabilisée s'agglomèrent et forment des flocs.
- Décantation : période plus ou moins longue
sans agitation où les particules floculées
s'agglomèrent pour former des flocs plus lourds
décantables.
La turbidité du surnageant est mesurée au
cours du temps par néphélométrie.
67
Coagulation - floculation - décantation
C'est l'une des deux chaînes qui, après les
prétraitements indispensables, utilisent des
adjuvants chimiques pour éliminer les matières en
suspension et assurer par là une réduction de la
charge polluante.
Elle comporte une phase de coagulation
(agglomération des colloïdes), une phase de
floculation (formation de floc par l'union de solides
élémentaires) et une phase de décantation pour
assurer la séparation entre solide et liquide.

68
La floculation, étape indispensable dans le processus
de clarification de l'eau, consiste en deux phénomènes
de transport successifs :

• la floculation péricinétique.
N'intervenant que sur les particules colloïdales,
elle favorise la formation du microfloc. Elle est
liée à la diffusion brownienne, c'est-à-dire à
l'agitation thermique. Le mouvement brownien
correspond au déplacement désordonné des
colloïdes par le bombardement de chaque
molécule d'eau.
69
• La floculation orthocinétique.
Elle permet d'obtenir le floc volumineux
séparable. Elle est liée à l'énergie dissipée.
La vitesse d'agitation agit sur la probabilité de
rencontre des particules. Mais, il n'est pas
possible de l'augmenter exagérément. En effet, si
elle est trop élevée, les flocs formés subissent un
cisaillement mécanique entraînant leur
destruction et ils se reforment rarement eux-
mêmes. La floculation est donc favorisée par une
vitesse d'agitation assez faible qui amène
doucement les flocs à se réunir.
70
IV Précipitation des sels : A- Elimination des cations
A-1 Décarbonatation à la chaux
Elimination de la dureté carbonaté ( Ca et Mg )

La décarbonatation à la chaux est le procédé de


précipitation le plus utilisé pour éliminer la
dureté bicarbonatée (temporaire) liée au Ca et
au Mg, c'est-à-dire la présence dans l'eau de
Ca(HCO3)2 et de Mg(HCO3)2, en ajoutant de la
chaux hydratée à l'eau qui précipite CaCO3 ,
Mg(OH)2 ou les deux à la fois. Les réactions
chimiques de base sont les suivantes :
71
Ca(OH)2 + Ca(HCO3)2 ==> 2 CaCO3 + 2 H2O
Ca(OH)2 + Mg(HCO3)2 ==> MgCO3 + CaCO3 + 2 H2O

Mais le MgCO3 relativement soluble (≈ 70 mg/l).


Un excès de chaux le transforme en hydroxyde
de Mg selon la réaction :

Ca(OH)2 + MgCO3 ==> CaCO3 + Mg(OH)2

72
On peut noter que la présence de colloïdes
organiques étant susceptibles de gêner la
précipitation
On ajoute donc aux eaux brutes à décarbonater
des réactifs coagulants pour coprécipiter les
colloïdes.
Pourtant, ceci n'est valable que si les surfaces des
cristaux de CaCO3 restent suffisamment
propres.

73
A-2 Précipitation par des carbonates sodium :
Elimination de la dureté non carbonatée ou permanente
C’est Pour éliminer la dureté non carbonatée
liée à la présence de Ca et Mg
correspondant à des anions forts (SO42- , Cl-…)
Pour cette raison on utilise le Na2CO3 à froid.

Elle se fait suivant les réactions :


CaSO4 + Na2CO3 ==> Na2SO4 + CaCO3
CaCl2 + Na2CO3 ==> 2 NaCl + CaCO3
74
A-3 Précipitation par la soude caustique

Ce traitement permet d'éliminer les deux types de


dureté (temporaire et permanente). La première
réaction (réaction de base) consiste en un ajout de
soude pour réagir avec Ca(HCO3)2 :
Ca(HCO3)2 + 2 NaOH ==> CaCO3 + Na2CO3 + 2
H2O

La précipitation CaCO3 s'accompagne de la formation


de Na2CO3 qui réagira sur la dureté permanente
suivant les réactions du paragraphe précédent.

75
Précipitation des sels : B- Elimination des anions
B-1 précipitation des sulfates

La précipitation des sulfates peut être imposée avant


rejet en égout car ils altèrent le béton. Ils doivent aussi
être souvent éliminés de saumures ou d'eaux avant
distillation.
Le procédé le plus utilisé en cas de fortes teneurs en
SO42-consiste en la précipitation du gypse CaSO4,2H2O,
à froid, par l'addition de Ca2+ sous forme de chaux
(pour les eaux acides) ou de CaCl2 (pour les saumures) :
SO42- + Ca2+ +2 H2O ==> CaSO4, 2H2O

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B-2 Elimination des phosphates
Les phosphates présents dans les eaux ont pour origine:

- des effluents d'usine d'engrais phosphatés (H3PO4),


- des eaux usées domestiques,
- des circuits de refroidissement (sous forme de
polyphosphates).

Il existe deux modes de précipitation :


1- précipitation par la chaux pour les effluents peu
acides ou basiques.
On a alors deux réactions suivant l'acidité initiale :

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2 H3PO4 + Ca(OH)2 ==> Ca(HPO4)2 +2 H2O à pH = 6 à 7
2 Ca(HPO4)2 + Ca(OH)2 ==> Ca3(PO4)2 + 2 H2O à pH = 9 à 12

2- précipitation par Al3+ ou Fe3+ pour des eaux


acides. AlPO4 et FePO4 sont des sels très peu solubles
mais qui précipitent à l'état colloïdal. Le précipité
est éliminé par adsorption sur un excès d'hydroxyde
métallique.

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B-3 Elimination des fluorures
L’élimination des F- par précipitation concerne des
effluents acides de lavage de gaz d'incinération, de
métallurgie de l‘Al de l'industrie de l'acide
phosphorique et du verre.
On utilise la chaux comme agent de neutralisation et
quelquefois du CaCl2 pour compléter si l'on obtient de
faibles valeurs résiduelles de F-. La réaction chimique
est la suivante :
2 F- + Ca2+ ==> CaF2
Le précipité CaF2 présente des cinétiques intermédiaires
entre celles de CaCO3 et du gypse.
La solubilité de CaF2 dépend du pH pour une salinité
donnée.
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V- La Flottation
La flottation est un procédé de séparation liquide-
liquide ou solide-liquide s'appliquant à des particules
dont la masse volumique est inférieure à celle du
liquide qui les contient. On peut citer différents types
de flottation :

1- Flottation naturelle : C’est phénomène naturelle.


une simple différence de masse volumique est
suffisante pour la séparation (cas de déshuilage) :

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2- Flottation assistée : Dans ce cas on insuffle des bulles
d'air au sein de la masse liquide pour améliorer la
séparation des particules naturellement flottables.
Ce procédé concerne en particulier la séparation des
graisses (particules solides) d'eaux résiduaires.
• Pour un dégraissage simple , l'air est insufflé par des
diffuseur à bulles moyennes (2 à 4 mm de diamètre) qui
provoquent une turbulence séparant les particules
lourdes agglomérées avec les graisses.
• Pour un dégraissage avancé, on utilise des fines bulles
(0,5 à 1 mm de diamètre) produites par un système
d’aération immergé.
81
Il y a 2 types de flottation assistée suivant la taille des bulles de gaz:

a- La flottation mécanique : elle utilise de l'air dispersée


avec production de bulles de 0,2 à 2 mm de diamètre

Ce procédé s'applique pour la séparation et la concentration


des pulpes de minerais. Il s'agit de minerai broyé, de taille
souvent inférieure à 0,2 mm, qui est mis en suspension avec des
bulles d'air de 0,2 à 2 mm de diamètre. Il utilise un grand nombre
de cellules en série et demande beaucoup d'énergie.

Ce procédé s'applique pour dans le cas d'eaux huileuses, la


séparation par flottation mécanique s'appelle MOUSSAGE. Elle est
obtenue avec l'addition de coagulant organique ou d'agent
désémulsifiant.
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b- La Flottation à l’Air Dissous (FAD) :
la FAD est généralement utilisée pour la séparation des flocs.
Elle utilise des bulles d'air très fines ("microbulles") de 40 à
70 microns de diamètre. Ce procédé à des divers Domaines
d'applications
* séparation de matières floculées en clarification d'eau de
surface.
* séparation et récupération des fibres des eaux de papeterie
* séparation d'huiles floculées sur des eaux résiduaires de
raffinerie, ou de métallurgie.
* séparation d'hydroxydes métalliques ou de pigments en
traitement d'eaux résiduaires industrielles.
* épaississement et clarification des boues.

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3- Flottation provoquée :

Dans ce cas la masse volumique de la particule est , au


départ, supérieure à celle du liquide. On l’a réduit
artificiellement grâce à des bulles de gaz (l'air en
général).
En effet certaines particules solides ou liquides
peuvent s'unir à des bulles pour former des attelages "
particule-bulle " moins dense que le liquide.
La qualité de la flottation provoquée dépend surtout
des interactions physico-chimiques entre les trois
phases solide, liquide, gaz.

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Prétraitements physico-chimique
- Coagulation
- Floculation
- Séparation de phases par clarificateur ou
filtration membranaire.

V La filtration
La filtration est un procédé destiné à clarifier
un liquide qui contient des MES (Matière en
suspension) en les faisant passer à travers un
milieu poreux constitué d'un matériau
granulaire.
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la filtration est une technique de séparation qui permet de séparer
les MES d’un liquide hétérogène et d'obtenir ainsi un liquide
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homogène
le spectre de la filtration:

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